Mélenchon, Bagayoko, Rima Hassan : les nouvelles références politiques des moins de 35 ans
Bally Bagayoko à 57 %, Jean-Luc Mélenchon à 51 %, Rima Hassan à 45 % : trois figures de La France insoumise figurent parmi les cinq personnalités les plus appréciées des Français de moins de 35 ans. Un classement saisissant, alors que chacune se trouve au cœur de controverses politiques ou judiciaires.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Bagayoko à 57 %, Mélenchon à 51 %, Rima Hassan à 45 % : trois figures controversées de LFI figurent parmi les personnalités préférées des moins de 35 ans.
C'est un classement qui ne manquera pas de faire réagir. Selon le dernier baromètre Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio, les personnalités politiques les plus populaires auprès des Français de moins de 35 ans comptent plusieurs représentants de La France insoumise. Et non des moindres.
En tête, Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, recueille 57 % de bonnes opinions. Il devance Jean-Luc Mélenchon (51 %), François Hollande (47 %), puis Ségolène Royal et Rima Hassan, cette dernière atteignant 45 %.
Ces résultats révèlent un contraste particulièrement marqué avec les générations plus âgées. Ils interviennent surtout dans un contexte où plusieurs de ces personnalités ont récemment suscité de vives polémiques.
Selon un sondage Ifop, voici quelques-unes des personnalités les plus populaires auprès des Français de moins de 35 ans :
— Jérémy Benhaïm (@JeremBenhaim) October 22, 2026
- Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, qui avait légitimé la violence.
- Jean-Luc Mélenchon, qui a tenu, encore très récemment, des propos dignes des pires… pic.twitter.com/jX1WkLqwMz
Bally Bagayoko : 57 % de bonnes opinions après ses propos sur la violence
Le cas de Bally Bagayoko est particulièrement frappant. Le maire insoumis de Saint-Denis s'est illustré fin septembre en affirmant, devant un lycée mobilisé, que « la violence peut être légitime ».
Des propos qui ont conduit le préfet de police de Paris à effectuer un signalement au procureur de Bobigny pour des faits présumés de provocation à commettre un délit.
L'élu a maintenu ses déclarations, tout en contestant toute incitation à la violence et en appelant à la désescalade. Il a également dénoncé des citations tronquées.
Malgré cette controverse, il recueille 57 % de bonnes opinions chez les moins de 35 ans, contre seulement 26 % parmi les seniors. Un écart considérable, qui illustre combien une même personnalité peut susciter des réactions opposées selon les générations.
Mélenchon : 51 % de bonnes opinions malgré une nouvelle polémique
Jean-Luc Mélenchon arrive deuxième du classement des moins de 35 ans, avec 51 % de bonnes opinions, alors qu'il n'en recueille que 31 % dans l'ensemble de la population.
Le dirigeant insoumis vient pourtant de provoquer une nouvelle polémique après les réquisitions prononcées contre Rima Hassan.
Le 20 octobre, il a accusé la « macronie » de sombrer dans les abus de pouvoir et dans la « servilité devant les demandes de Netanyahou », suggérant ainsi une influence israélienne sur une procédure judiciaire française.
Ces propos ont suscité de sévères réactions. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a dénoncé une attaque contre l'indépendance des magistrats, tandis que le ministre Benjamin Haddad a rapproché cette rhétorique de celle des publications antisémites des années 1930.
Aucun élément public n'établit que les réquisitions du parquet auraient été dictées par le gouvernement israélien.
Rima Hassan : 45 % de bonnes opinions en plein procès pour apologie du terrorisme
Cinquième du classement, l'eurodéputée insoumise Rima Hassan bénéficie de 45 % de bonnes opinions chez les moins de 35 ans.
Les 19 et 20 octobre, elle comparaissait devant le tribunal correctionnel de Paris pour apologie du terrorisme. La procédure concerne une publication dans laquelle elle citait Kozo Okamoto, l'un des auteurs de l'attentat de l'aéroport de Lod-Tel-Aviv en 1972, qui avait fait 26 morts.
Le ministère public a requis dix mois de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité, estimant que la publication contribuait à valoriser l'auteur du massacre.
Rima Hassan conteste cette interprétation et dénonce une tentative de disqualification politique. Le jugement est attendu le 30 novembre. Elle demeure présumée innocente.
Une fracture générationnelle qui dépasse les intentions de vote
Ce classement fait écho à une enquête publiée par Le Figaro, dans laquelle plusieurs parents de droite racontent leur désarroi devant les convictions insoumises de leurs enfants. Certains expliquaient avoir renoncé aux discussions politiques pour préserver la paix familiale.
Les chiffres de l'Ifop ne permettent pas de conclure que les jeunes interrogés approuvent les déclarations controversées de Bally Bagayoko ou de Jean-Luc Mélenchon, ni les faits reprochés à Rima Hassan. Une bonne opinion n'est pas non plus une intention de vote.
D'autres enquêtes montrent d'ailleurs que Marine Le Pen bénéficie également d'un soutien électoral important chez les moins de 35 ans.
Reste un constat : trois personnalités d'LFI, dont l'actualité récente a été marquée par des controverses majeures, figurent parmi les cinq figures les plus appréciées d'une partie importante de la jeune génération.
À quelques mois de la présidentielle de 2027, ce décalage entre les générations soulève une interrogation qui dépasse le seul résultat électoral : comment expliquer que des responsables politiques aussi contestés dans une partie de l'opinion rencontrent un accueil aussi favorable chez les plus jeunes ?