Quand une manie devient-elle une maladie ? Ces nouveaux « troubles » qui travaillent la psychiatrie
Rêver pendant des heures, ne pas supporter les bruits de mastication ou être obsédé par l'infidélité de son conjoint : des comportements autrefois considérés comme des particularités individuelles sont désormais étudiés comme de possibles troubles. Les réseaux sociaux accélèrent le phénomène.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Misophonie, rêverie compulsive, jalousie obsessionnelle : les réseaux sociaux popularisent de possibles troubles avant même leur reconnaissance par la psychiatrie. Une évolution qui interroge jusqu'aux critères du DSM.
À partir de quand une particularité, une émotion ou une mauvaise habitude devient-elle une maladie ? La question n'est pas nouvelle en psychiatrie, mais les réseaux sociaux lui donnent aujourd'hui une ampleur inédite. Sur TikTok, Instagram, Reddit ou YouTube, des millions d'internautes comparent leurs symptômes, mettent un nom sur leurs comportements et se reconnaissent parfois dans des troubles qui ne figurent même pas dans les classifications psychiatriques officielles.
Le Washington Post s'est intéressé à trois phénomènes particulièrement révélateurs : la misophonie, la rêverie compulsive — ou « maladaptive daydreaming » — et la jalousie obsessionnelle.
Tous sont aujourd'hui étudiés par des chercheurs. Mais aucun n'illustre mieux que les autres la difficulté fondamentale qui se pose aux psychiatres : tracer une frontière entre une expérience humaine ordinaire et un fonctionnement suffisamment intense et handicapant pour devenir pathologique.
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