Qui paiera les lycées saccagés ? « Les impôts des Français, bien sûr », répond Sophie Binet
Qui doit payer les millions d’euros de dégâts causés dans les lycées ? Sophie Binet refuse que la facture retombe sur les familles des casseurs. Pressée de répondre sur TF1, la patronne de la CGT admet qu’elle sera supportée par les contribuables, avant de qualifier la question des dégradations de « mineure ».
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Sophie Binet refuse de faire payer les familles des casseurs pour les dégâts commis dans les lycées et qualifie la question des dégradations de « mineure ». Pressée sur TF1 de dire qui réglera la facture, elle répond : « Les impôts des Français ? — Bien sûr, bien sûr. »
La question est posée une première fois. Puis une deuxième. Qui va payer ? Invitée lundi matin sur TF1, Sophie Binet est interrogée sur les millions d’euros de dégâts provoqués depuis le début de la mobilisation lycéenne. La secrétaire générale de la CGT reconnaît que ces destructions sont « contreproductives » pour un mouvement qui réclame davantage de moyens pour l'Éducation nationale. Mais lorsque vient la question de la facture, son raisonnement prend une autre direction.
Faire payer les parents des casseurs ? — « Franchement, il faut arrêter ce genre d’annonce populiste », répond-elle. La journaliste lui rappelle que cette piste est défendue par Gérald Darmanin, ministre de la Justice. — « J’ai été scandalisée. C’est toujours la même chose. Il faut arrêter de culpabiliser les familles. En plus, ça tomberait sur les familles les plus précaires », rétorque Sophie Binet.
« Qui va payer les dégradations Madame Binet ? »
— Bleu Blanc Rouge ! 🇫🇷 (@LBleuBlancRouge) October 5, 2026
- Nos impôts, les impôts des Français bien sûr. » répond la patronne de la CGT Sophie Binet, comme si c’était tout à fait normal.😳
Ces minables syndicats d’extrême-gauche me dégoûtent.
Ils ne sont vraiment pas prêt pour ce…
La question des dégradations ? « Mineure »
« Qui paye, Madame Binet ? Vous, moi, nos impôts, les impôts des Français ? », insiste la journaliste. Sophie Binet ne répond pas immédiatement. Elle préfère relativiser l’enjeu : « Là, en fait, la question des dégradations, elle est mineure par rapport aux moyens à débloquer pour isoler nos établissements scolaires, pour mettre à niveau le bâti scolaire. »
L’enchaînement est pour le moins singulier. La dirigeante de la CGT réclame davantage d’argent public pour rénover des établissements scolaires dont elle déplore la vétusté, tout en considérant comme « mineure » la question du coût des destructions infligées à ces mêmes établissements.
La journaliste revient donc une nouvelle fois à sa question. « Donc qui paye ? On ne sait pas. Vous ne me répondez pas. — De fait, ça va être vous et nous…. — Les impôts des Français donc ? — Bien sûr, bien sûr. »
Et la patronne de la CGT revient aussitôt à son propos précédent : « Mais ce qu’il faut d’abord, c’est débloquer les moyens pour rénover nos établissements scolaires qui ne sont pas au niveau. »
Réparer ce qui a été détruit, puis financer ce qui manque
C’est précisément là que la séquence prend tout son relief. Sophie Binet explique que les lycées manquent de moyens, que leurs bâtiments sont trop anciens et que l’État doit investir davantage. Mais les dégradations commises au cours du mouvement viennent elles-mêmes engloutir une partie des ressources publiques qu’elle juge insuffisantes.
Le contribuable se retrouve ainsi au centre des deux équations : financer les investissements réclamés pour les établissements scolaires et supporter, directement ou indirectement, la réparation des destructions.
La secrétaire générale de la CGT déplace ensuite le débat vers Parcoursup, qu’elle qualifie de « machine à broyer l’avenir des jeunes », puis vers les restrictions budgétaires dans les universités. « Il faut au contraire dégager des moyens pour nos universités et pour nos lycées. C’est notre avenir », affirme-t-elle.
Mais aucun de ces arguments ne répond à la question initiale : à qui doit revenir la responsabilité financière des dégâts commis par les casseurs ?
Faire payer les parents ? Pour Binet, du « populisme »
Gérald Darmanin défend une approche inverse. Le garde des Sceaux a annoncé vendredi sur RTL avoir demandé aux procureurs de requérir la responsabilité civile des parents lorsque des mineurs sont poursuivis pour les dégradations commises en marge des blocages.
« Lorsqu’on détruit des lycées, lorsqu’on s’attaque à des abribus, lorsqu’on attaque des transports, on demande la responsabilité civile des parents », a-t-il expliqué.
Et contrairement à ce que pourrait laisser entendre l’expression d’« annonce populiste » employée par Sophie Binet, la responsabilité civile des parents pour les dommages provoqués par leurs enfants mineurs n’est pas une invention improvisée à l’occasion de la crise actuelle. Le principe existe de longue date dans le Code civil et a encore été renforcé en 2025. Selon RTL, Darmanin demande notamment que l’indemnisation soit systématiquement requise par les procureurs dans les situations où elle ne l’est pas automatiquement.
Le gouvernement a parallèlement décidé d’accélérer l’examen du projet de loi dit « casseurs-payeurs ». Le texte doit arriver au Sénat le 27 octobre et vise à faciliter l’indemnisation des victimes en faisant davantage supporter le coût des dégradations à leurs auteurs.
Le débat politique est donc parfaitement identifiable : faut-il laisser la collectivité absorber le coût des destructions ou chercher à le faire supporter davantage aux auteurs et, dans le cas de certains mineurs, à leurs responsables civils ? Sophie Binet a choisi son camp dans cette discussion : « Il faut arrêter de culpabiliser les familles. »
La responsabilité du gouvernement
Interrogée une nouvelle fois sur la responsabilité des parents de mineurs, la syndicaliste ne s’attarde pas davantage sur celle des auteurs des dégradations.
« Là, ils sont dans un cadre scolaire, il y a une mobilisation des lycéens et des lycéennes, et donc le problème, c’est le gouvernement qui a eu cette gestion de la mobilisation lycéenne, répond-elle. Jamais, au moins depuis Mai 68, un gouvernement n’a eu une telle stratégie. C’est irresponsable », poursuit-elle.
Sophie Binet reconnaît pourtant que « les violences desservent toujours les mobilisations », notamment parce qu’elles détournent l’attention des revendications. Mais la CGT entend participer à la prochaine journée de mobilisation.
Pour l’« acte III » annoncé mardi 6 octobre, sa secrétaire générale a annoncé que des militants du syndicat seraient présents en « chasubles rouges » pour « protéger » les lycéens et leur droit à manifester, face à ce qu’elle qualifie de « répression inédite ».
Plus de 400 établissements doivent déjà rester totalement ou partiellement fermés ce lundi faute de conditions de sécurité suffisantes, selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Éducation nationale.
La crise n’est donc pas terminée. La facture non plus. Et sur cette dernière, Sophie Binet aura au moins fini par répondre très clairement. « Les impôts des Français donc ? — Bien sûr, bien sûr. »