Rappeur homophobe invité à Liège: Diana Nikolic demande un renforcement de la vigilance
L’annulation à Liège d’un concert d’un rappeur connu pour des paroles violemment homophobes provoque des remous jusqu’au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. La députée MR Diana Nikolic demande au gouvernement de renforcer les outils de vigilance contre les discours haineux dans le secteur culturel.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- La venue d’un rappeur controversé à Liège a déclenché une forte polémique.
- Diana Nikolic (MR) a interpellé Élisabeth Degryse au Parlement de la FWB.
- La ministre-présidente condamne fermement les propos homophobes.
- Le gouvernement met en avant sa stratégie LGBTQIA+ 2025-2029 et les outils déjà existants.
L’annonce de la venue à Liège du rappeur camerounais «Le Mélo du quartier», connu pour plusieurs textes contenant des propos violemment homophobes, avait déclenché une importante polémique ces dernières semaines en Cité ardente. Plusieurs associations LGBTQIA+ ainsi que des responsables politiques avaient dénoncé la programmation de l’artiste, notamment après la diffusion de paroles appelant à «poignarder les pédés». Face à la pression grandissante, le concert avait finalement été annulé.
L’affaire a désormais rebondi au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, où la députée liégeosie Diana Nikolic (MR) a interrogé la ministre-présidente Élisabeth Degryse (Les Engagés) sur la lutte contre les discours haineux dans le monde culturel.
Dans sa question parlementaire, Diana Nikolic évoque «une vive polémique» née après l’annonce de la venue à Liège d’«un artiste international dont certaines chansons comportent des paroles ouvertement, explicitement et violemment homophobes». Elle rappelle que cette affaire a provoqué «un émoi important dans l’opinion publique, mais aussi aux niveaux politique, associatif et culturel».
Une "normalisation" de l'homophobie?
Selon plusieurs médias et associations liégeoises, la mobilisation s’était rapidement organisée autour de cette programmation. La Maison Arc-en-Ciel de Liège avait notamment dénoncé «une normalisation de l’homophobie» et appelé les autorités communales à réagir.
Dans l’hémicycle, la députée libérale a salué la réaction des autorités locales. «La police a rapidement rendu un rapport concluant à la nécessité d’interdire ladite prestation», a-t-elle souligné, rappelant que l’artiste avait ensuite annulé sa venue «pour des raisons qui ne sont pas très claires, mais qui semblent liées à la polémique».
Pour Diana Nikolic, cette affaire dépasse cependant le simple cas liégeois. «Dans un contexte de plus en plus globalisé, où nous ne pouvons pas toujours faire preuve de la vigilance nécessaire, une telle situation soulève la question de la responsabilité partagée entre les autorités publiques, les opérateurs culturels, les propriétaires de salles et les programmateurs culturels», a-t-elle déclaré.
Les organisateurs plus attentifs aux signaux d'alerte
La cheffe de groupe MR estime que certains signaux devraient davantage alerter les organisateurs culturels. «Nous devons donc développer une culture de la vigilance», insiste-t-elle, en demandant au gouvernement quels outils existent actuellement pour lutter contre les discours haineux dans les programmations culturelles.
Diana Nikolic a également interrogé la ministre-présidente sur la possibilité d’aller plus loin, notamment via les contrats-programmes ou des formations spécifiques destinées aux acteurs culturels afin «d’anticiper ce genre de problème».
En réponse, Élisabeth Degryse a rappelé la position du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. «Nous condamnons fermement tous les propos homophobes. C’est une évidence, mais il convient de le rappeler», a affirmé la ministre-présidente.
La ministre a ensuite mis en avant la stratégie LGBTQIA+ 2025-2029 adoptée conjointement par la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles sous l’impulsion du ministre wallon Yves Coppieters. Selon elle, cette stratégie prévoit «des mesures de prévention et d’information afin d’outiller l’ensemble des acteurs en Fédération Wallonie-Bruxelles et en Région wallonne».
Élisabeth Degryse a également rappelé que plusieurs décrets sectoriels permettent déjà d’exclure du subventionnement certaines structures condamnées. «Nos décrets prévoient donc les outils nécessaires afin d’agir», a-t-elle assuré, évoquant aussi les formations déjà organisées dans le secteur culturel concernant les violences sexistes et sexuelles.