Sécurité routière, la Belgique veut frapper les récidivistes
Le gouvernement fédéral veut serrer la vis face aux conducteurs qui accumulent les infractions graves. Un projet porté par Jean-Luc Crucke prévoit un suivi des récidivistes afin de mettre un terme à une situation jugée trop permissive. Une information de nos confrères de RTL Info.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Le gouvernement fédéral prépare un dispositif visant les automobilistes récidivistes. Les infractions graves seront enregistrées sur plusieurs années afin de permettre à un juge d’intervenir contre les conducteurs les plus dangereux.
Pendant des années, certains automobilistes ont pu multiplier les excès de vitesse ou les comportements dangereux sans autre conséquence qu’une amende à régler. Cette pratique pourrait bientôt appartenir au passé. Le gouvernement fédéral prépare un dispositif destiné aux conducteurs multirécidivistes, avec l’objectif de renforcer la lutte contre les infractions les plus lourdes.
Le texte, validé mercredi matin en conseil des ministres restreint, prévoit la création d’un système de suivi des infractions graves commises sur plusieurs années. Les automobilistes concernés ne seraient plus simplement sanctionnés financièrement. Leur comportement routier pourrait désormais conduire à une comparution devant un juge.
Le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, insiste toutefois sur un point. Selon lui, il ne s’agit pas d’un permis à points. Aucune sanction automatique ne serait appliquée. Le magistrat conserverait un pouvoir d’appréciation afin d’évaluer chaque situation individuellement.
Des seuils ciblant les infractions les plus lourdes
Le projet vise essentiellement les comportements considérés comme particulièrement dangereux. Parmi les seuils évoqués figurent trois infractions liées au téléphone au volant, deux conduites sous influence ou encore huit grands excès de vitesse commis sur une période de trois ans.
Tous les dépassements de vitesse ne seraient cependant pas concernés. Le gouvernement cible uniquement les infractions importantes, à savoir plus de 20 km/h au-dessus de la limite en agglomération ou plus de 40 km/h sur autoroute.
L’exécutif estime que le système actuel atteint ses limites. Aujourd’hui encore, un conducteur contrôlé à très grande vitesse à répétition peut continuer à circuler tant qu’il s’acquitte des amendes. Le futur dispositif entend précisément mettre fin à cette logique jugée trop indulgente envers les récidivistes.
Des critiques sur l’efficacité du dispositif
L’annonce suscite néanmoins plusieurs réserves. Chez Vias, le porte-parole Benoît Godart soutient le principe général, mais doute de l’efficacité des seuils envisagés. Selon lui, ils sont peut-être trop élevés pour permettre de cibler suffisamment de conducteurs dangereux.
Le monde judiciaire se montre encore plus prudent. L’avocat Bruno Gysels estime que le projet risque surtout d’alourdir une machine judiciaire déjà sous pression. D’après lui, chaque dossier supplémentaire pourrait générer plusieurs nouvelles procédures, alors que les tribunaux peinent déjà à absorber leur charge de travail actuelle.
Le gouvernement défend néanmoins l’urgence d’agir. Un chiffre revient régulièrement dans le débat : en Belgique, un accident sur trois impliquerait un conducteur récidiviste. Un constat qui pousse l’exécutif à accélérer sur ce dossier sensible mêlant sécurité routière et capacité des tribunaux. Le texte définitif devrait être prêt au début de l’année 2026.