Ségolène Royal évoque la « cruauté » de François Hollande pendant la présidentielle
Invitée de Guillaume Pley sur la chaîne Legend, Ségolène Royal est revenue sur la campagne présidentielle de 2007 et la liaison entre François Hollande et Valérie Trierweiler. L'ancienne candidate socialiste affirme avoir « subi sa bigamie » tout en menant sa bataille pour l'Élysée.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Ségolène Royal revient sur sa relation avec François Hollande durant la présidentielle de 2007 et affirme avoir « subi sa bigamie » alors qu'il entretenait une liaison avec Valérie Trierweiler.
Près de vingt ans après la campagne présidentielle de 2007, les blessures semblent toujours vives. Invitée de Guillaume Pley sur la chaîne YouTube Legend, Ségolène Royal est revenue sans détour sur l'une des périodes les plus difficiles de sa vie politique et personnelle : sa candidature à l'Élysée alors que François Hollande entretenait déjà une relation avec Valérie Trierweiler.
L'ancienne candidate socialiste a utilisé des mots particulièrement durs pour décrire ce qu'elle affirme avoir vécu durant cette campagne. « Je subis cette bigamie, ce que les Français ne voient pas », confie-t-elle, évoquant la relation que son compagnon de l'époque entretenait avec celle qui deviendra quelques années plus tard la compagne officielle du futur président de la République.
Une campagne présidentielle vécue comme un fardeau
En 2007, Ségolène Royal porte les couleurs du Parti socialiste face à Nicolas Sarkozy. Mais derrière les meetings, les débats et la bataille électorale, la candidate doit également gérer une situation familiale qu'elle décrit aujourd'hui comme particulièrement éprouvante.
« Je me tais. J'ai ça à subir pendant une campagne présidentielle, plus élever mes quatre enfants », explique-t-elle.
Avec le recul, elle estime que cette période témoigne d'une résistance personnelle peu commune. « J'ai subi ça donc je pense avoir quand même une solidité intérieure assez hors du commun », affirme-t-elle.
Pour l'ancienne ministre, la situation était d'autant plus difficile que François Hollande occupait alors une position centrale au sein du Parti socialiste. Premier secrétaire du PS, compagnon de la candidate et père de ses enfants, il était censé constituer l'un de ses principaux soutiens politiques.
« En plus, c'est le premier secrétaire du PS qui est censé me soutenir, en tant que conjoint, père de mes enfants et premier secrétaire du PS », rappelle-t-elle.
« Il aurait dû quitter la campagne »
Ségolène Royal estime aujourd'hui que l'entourage de François Hollande aurait dû intervenir. Selon elle, les proches de celui qui deviendra président de la République en 2012 n'ont pas assumé leurs responsabilités face à une situation devenue intenable.
Selon Ségolène Royal, les proches de François Hollande auraient dû l'inciter à quitter la campagne présidentielle. « Ils n'ont pas osé », regrette-t-elle.
L'ancienne candidate y voit également une forme d'inégalité de traitement entre hommes et femmes en politique. Selon elle, une candidate présidentielle ayant adopté un comportement comparable aurait immédiatement été poussée vers la sortie.
« Ça aurait été l'inverse, un homme candidat à l'élection présidentielle avec sa femme qui va virevolter ailleurs et laisse les enfants, on aurait dit : elle dégage », affirme-t-elle.
« Tous les jours, je pensais que cela allait s'arrêter »
L'un des passages les plus marquants de l'entretien concerne l'état d'esprit dans lequel se trouvait alors Ségolène Royal. Elle explique avoir longtemps cru que François Hollande finirait par revenir sur sa décision et prendre conscience des conséquences de ses actes.
Tous les jours, je me disais que ça allait s'arrêter. À un moment, il va prendre conscience de l'absurdité et de la cruauté de la situation.
Ségolène Royal
Elle poursuit : « Il va se dire qu'il a déconné, surtout quand on a une famille comme ça, on ne la saccage pas. » Cette conviction explique, selon elle, pourquoi elle n'a jamais cherché à médiatiser l'affaire durant la campagne présidentielle. « C'est pour ça que je ne fais rien aussi. J'ai porté ce fardeau », explique-t-elle.
Malgré tout, le soutien à Hollande en 2012
L'une des révélations les plus surprenantes de l'entretien concerne toutefois l'élection présidentielle suivante. Malgré leur séparation officialisée après la défaite de 2007, Ségolène Royal choisit de soutenir François Hollande lors de la primaire socialiste de 2011, alors qu'il est opposé à Martine Aubry.
Un choix qu'elle affirme n'avoir jamais regretté. « En 2012, je ne suis pas revancharde, je le soutiens contre Martine Aubry à la primaire », explique-t-elle.
Selon elle, cette décision n'était pas dictée par des considérations politiques mais familiales. « Je me suis dit que mes enfants avaient tellement pris sur eux dans cette campagne que je n'ai pas voulu les remettre dans un conflit. »
Elle va même plus loin en estimant que son soutien a pu peser dans l'issue du scrutin interne socialiste. « Si je soutenais Martine Aubry, c'était elle qui était désignée », affirme-t-elle.
« J'ai raté la présidentielle mais pas mes enfants »
Au-delà des règlements de comptes politiques, l'entretien prend parfois une tonalité plus personnelle. Ségolène Royal évoque longuement ses quatre enfants — Thomas, Clémence, Julien et Flora — et le rôle qu'ils ont joué dans sa vie publique.
Elle raconte notamment que son fils aîné s'était immédiatement engagé à ses côtés lors de la campagne présidentielle de 2007, entraînant progressivement le reste de la fratrie.
Aujourd'hui âgée de 72 ans et grand-mère de cinq petits-enfants, elle dit regarder cette période avec davantage de sérénité.
« Quand je vois les quatre avoir réussi leur vie, être rayonnants, tendres avec moi, avoir choisi leur carrière professionnelle à leur façon, je me dis : ça va. » Avant de conclure par une formule qui résume sans doute sa vision de ces années tourmentées : « J'ai raté la présidentielle, mais je n'ai pas raté mes enfants. »