« Si vous voulez couler la France, votez Mélenchon » : la charge de Montebourg contre LFI
Invité sur BFM TV, Arnaud Montebourg a lancé une offensive brutale contre Mélenchon et le programme économique d'LFI. L’ancien ministre dénonce un projet « totalement irréalisable » qui conduirait selon lui la France « sous tutelle ou à la ruine ».
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Sur BFM TV, Arnaud Montebourg a violemment attaqué le programme économique de Jean-Luc Mélenchon, qu’il juge « irresponsable » et potentiellement ruineux pour la France.
À gauche aussi, les critiques contre Jean-Luc Mélenchon deviennent de plus en plus frontales. Invité sur BFM TV après l’annonce de la quatrième candidature présidentielle du leader insoumis, Arnaud Montebourg s’est livré à une diatribe contre le programme économique de La France insoumise.
L’ancien ministre de l'Économie n’a pas pris de détour. « Si vous voulez couler la France, votez Mélenchon dès le premier tour », a-t-il lancé sur le plateau, résumant en une phrase le fond de son accusation : selon lui, le programme économique porté par LFI mènerait mécaniquement le pays à une explosion budgétaire incontrôlable.
MADE IN MONTEBOURG - “Si vous voulez couler la France, votez Jean-Luc Mélenchon dès le premier tour”, estime l’ancien ministre de l’Économie pic.twitter.com/FsOUXOBVvN
— BFM (@BFMTV) May 8, 2026
Montebourg affirme que le projet mélenchoniste prévoit « 230 milliards de dépenses nouvelles », accompagnés d’« un million de créations d’emplois publics ». Face à cela, il estime que les recettes avancées par LFI seraient largement insuffisantes, malgré « 100 milliards d’impôts nouveaux », dont « 80 milliards sur les entreprises ».
« Soit sous tutelle, soit ruinée »
Le cœur de sa critique porte sur le déficit public qu’un tel programme provoquerait selon lui. « On arrive à un déficit qui fait neuf points de PIB, affirme-t-il, avant de conclure que la France est soit sous tutelle, soit ruinée ».
Cette charge est d’autant plus notable qu’elle émane d’une personnalité historiquement classée à gauche, longtemps identifiée à une ligne souverainiste et interventionniste de l’économie. Montebourg n’attaque pas ici Mélenchon depuis une position libérale classique, mais au nom même d’une certaine crédibilité économique de la gauche de gouvernement.
« Ce n’est même pas une question de gauche, insiste-t-il. Il est inadmissible que lorsqu’on se présente à une élection, on ne cherche même pas à résoudre les problèmes de la nation mais qu’on les aggrave notoirement. »
La crédibilité économique au cœur de la bataille de 2027
Depuis plusieurs années, les adversaires du leader insoumis dénoncent un empilement massif de dépenses publiques financées par une hausse spectaculaire de la fiscalité et par un recours accru à l’endettement. LFI assume de son côté une rupture complète avec les politiques budgétaires européennes actuelles et défend une logique de relance massive par la dépense publique.
Mais dans un pays déjà confronté à un déficit élevé, à une dette publique proche des 115 % du PIB et à une croissance fragile, la question devient particulièrement sensible.
La sortie de Montebourg traduit aussi une fracture croissante à gauche entre deux visions désormais presque incompatibles : une gauche de gouvernement qui continue de considérer la contrainte budgétaire comme une réalité incontournable, et une gauche radicale qui assume une confrontation directe avec les règles économiques européennes et les marchés financiers.
Une candidature qui fracture jusque dans son camp
L’annonce de la nouvelle candidature de Jean-Luc Mélenchon semble d’ailleurs accentuer ces tensions. Officiellement, LFI continue d’afficher l’unité autour de son chef historique. Mais dans le reste de la gauche, les critiques se multiplient.
Certains reprochent à Mélenchon d’avoir verrouillé tout débat interne. D’autres considèrent que sa stratégie de conflictualisation permanente empêche toute perspective d’union plus large. D’autres encore redoutent qu’une nouvelle campagne centrée sur sa personnalité accélère la fragmentation de la gauche française.
Le poids des mots employés par Arnaud Montebourg montre en tout cas une chose : le débat autour de la candidature Mélenchon dépasse désormais largement les frontières habituelles entre droite et gauche. Pour une partie croissante de ses opposants, la question n’est plus seulement idéologique. Elle devient économique, institutionnelle… et presque existentielle pour l’avenir financier du pays.