The Fifty Six Bruxelles, l’ancienne imprimerie de la Banque nationale prépare sa nouvelle vie
Le projet The Fifty Six Bruxelles transformera l’ancienne imprimerie de la Banque nationale en un complexe aux usages multiples. Audrey Henry et Boris Dilliès soulignent le rôle des pouvoirs publics pour accompagner cette reconversion de 90 millions d’euros.
Publié par A JS
Résumé de l'article
The Fifty Six réunira hôtel, logements, bureaux et activités sportives dans l’ancienne imprimerie de la Banque nationale. Mix y développera sa deuxième implantation bruxelloise. Audrey Henry insiste sur une simplification respectueuse des exigences urbanistiques. Boris Dilliès appelle les autorités à accompagner l’investissement privé, notamment par la mobilité, la sécurité et la propreté.
Sommaire
- The Fifty Six Bruxelles accueillera une deuxième implantation de Mix
- Un bâtiment plus ouvert sur les rues voisines
- Des ambitions environnementales et des attentes pour le quartier
- Audrey Henry défend une simplification qui préserve les exigences urbanistiques
- Boris Dilliès appelle les autorités à remplir leur part du partenariat
L’ancienne imprimerie de la Banque nationale, boulevard de Berlaimont, entame une reconversion de grande ampleur. Le projet The Fifty Six Bruxelles réunira hôtel, logements, bureaux, restaurants et activités sportives dans un bâtiment de 20.000 m².
Les promoteurs Burco et 3D Real Estate consacrent 90 millions d’euros à cette transformation. La pose de la première pierre symbolique a eu lieu le 29 septembre. La livraison est prévue pour mars 2028, puis l’ouverture début 2029, après les aménagements intérieurs.
Acquis en mars 2021, le bâtiment répondait aux contraintes particulières de l’impression des billets de banque. Murs d’enceinte, ouvertures limitées et dispositifs de sécurité le coupaient largement du quartier. Le projet vise à ouvrir cet ensemble tout en conservant sa structure et son identité architecturale.
À quelques pas de la gare Centrale, le site relie ville haute et ville basse. Une différence de niveau d’environ sept mètres séparent les accès du boulevard de Berlaimont de ceux de la rue Saint-Laurent. Les architectes ont intégré cette différence de niveau dans l’organisation des espaces.
The Fifty Six Bruxelles accueillera une deuxième implantation de Mix
Le programme comprend un centre de fitness et de bien-être de 6.000 m² et un hôtel de 78 chambres. Dix maisons urbaines, seize studios et quatre appartements compléteront l’offre résidentielle. Deux restaurants, un espace de coworking et une boulangerie artisanale ouvriront également sur le site.
Mix exploitera l’hôtel, le centre sportif, les logements et les activités de restauration. L’opérateur occupe déjà l’ancienne Royale Belge à Watermael-Boitsfort. Cette deuxième implantation bruxelloise doit attirer du public tout au long de la journée.
Mix prévoit une fréquentation moyenne d’environ 1.000 clients par jour. L’exploitation de logements constitue une première pour l’entreprise. Son cofondateur, Jean-Michel André, souhaite associer les locations aux services sportifs et de bien-être du complexe.
Il présente cette diversification comme une expérience liée à la configuration du bâtiment. Elle ne déterminera donc pas systématiquement le modèle des futures implantations. Mix entend aussi gérer directement la restauration pour coordonner les horaires, les équipes et les différentes activités.
L’hôtel comptera légèrement moins de chambres que le seuil de 80 généralement recherché par l’opérateur. La mutualisation de certains frais avec le centre sportif doit contribuer à son équilibre économique.
Les promoteurs conserveront la gestion des 5.000 m² de bureaux, côté boulevard de Berlaimont, inspiré du film Playtime de Jacques Tati pour la déco.
Le cabinet d’avocats Liedekerke a déjà réservé environ trois quarts des surfaces. Des discussions concernent le dernier plateau disponible.
Quelque 200 personnes devraient travailler dans ces bureaux. Les activités de Mix devraient employer environ 90 personnes supplémentaires.
Un bâtiment plus ouvert sur les rues voisines
DDS+ assurera la transformation architecturale, après avoir notamment travaillé sur la Royale Belge et Oxy. Le bureau privilégie la conservation des qualités du bâtiment et de nouvelles connexions avec les rues voisines. Il prévoit également davantage d’ouvertures pour éclairer naturellement les espaces.
À certains endroits, de larges baies vitrées remplaceront les petites fenêtres. Rue Saint-Laurent, des espaces commerciaux ouverts remplaceront les murs en pierre bleue et les portes de garage. L’abaissement des murs d’enceinte doit renforcer les échanges avec l’espace public.
Entre les deux ailes, les architectes conserveront la toiture industrielle en sheds. Elle couvrira le hall d’accueil de l’hôtel et du centre de fitness. Au sud, un jardin intérieur accueillera une piscine extérieure de 25 mètres.
Une seconde piscine prendra place dans les sous-sols. Les deux ailes gagneront un étage en retrait. Des toitures végétalisées, des panneaux photovoltaïques et un rooftop compléteront les aménagements.
Les interventions côté rues des Comédiens et des Sables doivent aussi améliorer l’éclairage naturel des passages et des escaliers. Le projet prévoit également le réemploi de matériaux de l’ancienne imprimerie. Bois de bout, marbre et pierre bleue retrouveront une utilisation sur place ou ailleurs.
Des ambitions environnementales et des attentes pour le quartier
Les promoteurs visent les certifications BREEAM Outstanding et WELL Core Platinum Ready. Le dispositif énergétique combinera isolation renforcée, pompes à chaleur et production photovoltaïque locale. Le complexe prévoit de se passer des énergies fossiles.
Un système de récupération distribuera la chaleur entre les différentes fonctions. La chaleur issue du refroidissement des bureaux servira notamment à chauffer l’hôtel, les logements et les piscines. Le fitness bénéficiera également de ce dispositif.
Le projet prévoit la réutilisation des eaux de pluie. Jardins et toitures végétalisées doivent limiter les îlots de chaleur et favoriser la biodiversité. Le maintien de la structure existante doit aussi réduire les besoins en matériaux neufs.
The Fifty Six arrive dans un quartier longtemps dominé par les bureaux et la circulation automobile. La rénovation du siège de la Banque nationale doit également faire évoluer ce secteur. Les projets résidentiels sur l’ancien site de la Cité administrative participeront à cette transformation.
Les promoteurs espèrent une animation plus régulière grâce aux logements, au sport et à la restauration. Ils demandent que les infrastructures publiques accompagnent leurs investissements. Leurs attentes concernent les abords, l’éclairage, la propreté et le stationnement des cars touristiques.
Ils souhaitent des améliorations avant l’ouverture, dans l’attente d’un réaménagement plus profond du boulevard de Berlaimont. Selon les chiffres rapportés, les charges d’urbanisme et taxes d’occupation de voirie versées atteignent environ 1,6 million d’euros. Ce montant, payé à la Ville de Bruxelles, ne comprend pas le précompte immobilier.
Les promoteurs espèrent que ces recettes contribueront aux interventions nécessaires. Le prolongement du tram vers la gare Centrale représente aussi un enjeu d’accessibilité. Mais le programme évoqué comprend actuellement le seul tronçon entre Belgica et la gare du Nord.
Audrey Henry défend une simplification qui préserve les exigences urbanistiques
Lors de la conférence de presse, Audrey Henry, secrétaire d’Etat chargée de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme, de la Propreté publique et de l’Energie, a salué une reconversion capable, selon elle, de redynamiser le quartier. Elle a souligné la diversité des activités prévues. À ses yeux, la première pierre marque une étape décisive après un long travail préparatoire.
Audrey Henry a également salué l’accompagnement des administrations, notamment pour la délivrance du permis. Elle reconnaît néanmoins que les procédures urbanistiques peuvent encore progresser. Elle estime que les pouvoirs publics doivent aider les investisseurs à concrétiser plus rapidement leurs ambitions.
Pour elle, l’enjeu dépasse la transformation d’un bâtiment. Des projets de cette ampleur doivent contribuer au rayonnement de Bruxelles. Depuis leur prise de fonctions, les responsables publics travaillent, indique-t-elle, à réunir les acteurs et à simplifier les procédures.
Cette simplification ne peut cependant se limiter à raccourcir les délais, souligne Audrey Henry. Elle doit préserver les exigences architecturales, patrimoniales et environnementales. Concilier ces contraintes constitue, selon elle, un défi majeur de l’urbanisme.
Elle défend une meilleure coopération entre intervenants pour permettre l’émergence de projets viables. Elle a enfin remercié les concepteurs, les administrations et les équipes qui ont préparé la reconversion. Audrey Henry a aussi salué ceux qui poursuivront le chantier, en souhaitant les retrouver lors de l’inauguration.
Boris Dilliès appelle les autorités à remplir leur part du partenariat
Boris Dilliès, ministre-président de la région bruxelloise, voit dans The Fifty Six un signe de confiance dans l’avenir de Bruxelles. Selon lui, la dégradation de certains quartiers ne constitue pas une fatalité. Leur transformation doit mobiliser les pouvoirs publics autant que les investisseurs privés.
Il a commencé par une plaisanterie sur l’ancienne fonction du bâtiment. À quelques jours du conclave budgétaire, cette visite pouvait donner quelques idées à Audrey Henry et à lui. Le lieu avait, après tout, accueilli l’impression des billets de banque.
Plus sérieusement, Boris Dilliès a insisté sur la responsabilité des autorités. La Région, la Ville et l’État ne peuvent pas tout faire, a-t-il rappelé. Ils doivent néanmoins soutenir ceux qui entreprennent, investissent et croient dans Bruxelles.
Ce soutien passe, selon lui, par la simplification des procédures et des conditions favorables à la réalisation des projets. Il a évoqué les initiatives ambitieuses qu’Audrey Henry et lui découvrent dans la région. Les autorités ne peuvent attendre du secteur privé qu’il assume seul la transformation urbaine, estime-t-il.
Boris Dilliès a donc insisté sur les missions publiques en matière de mobilité, de sécurité et de propreté. Il défend un partenariat dans lequel l’investissement privé et l’action publique se renforcent mutuellement. Ces responsabilités accompagnent, à ses yeux, les efforts demandés aux investisseurs. Il a qualifié de réussites les précédentes réalisations des porteurs du projet.
Cette expérience nourrit sa confiance dans The Fifty Six, qui doit contribuer au rayonnement de Bruxelles. Il a enfin relevé que le complexe ouvrirait avant le bicentenaire de la Belgique, en 2030.