Des sculptures vieilles de 2.000 ans exposées à Huy
Les Septennales de Huy se poursuivent après les célébrations du 15 août. L’exposition Tête-à-tête réunit une quarantaine de sculptures au sein de la collégiale jusqu’au 13 septembre.
Publié par A JS
Résumé de l'article
La collégiale de Huy accueille jusqu’au 13 septembre l’exposition Tête-à-tête. Une quarantaine de sculptures, dont certaines remontent à 2.000 ans, interrogent le rapport aux autres, à l’identité et au passé. Ce rendez-vous prolonge le programme culturel des Septennales.
Depuis avril, Huy vit au rythme des Septennales. Les célébrations du 15 août ont marqué leur point culminant. Le programme culturel se prolonge pourtant avec une dernière rencontre artistique. Une information de Cathobel.
La collégiale accueille désormais l’exposition Tête-à-tête. Une quarantaine de têtes sculptées y retracent plusieurs siècles de création. La Galerie Desmet, établie à Bruxelles, a sélectionné les œuvres. Anima’rt participe également à cette exposition.
L’exposition Tête-à-tête interroge notre rapport aux autres
Le titre choisi prend tout son sens face au thème des Septennales. Cette édition, baptisée « Les uns les autres », questionne l’altérité et la pluralité. Chaque sculpture place donc le visiteur face à un autre visage.
Michel Teheux, coprésident de l’ASBL des Septennales, voit dans ces œuvres « les témoins des figures multiples que l’homme se donne de lui-même ». Elles renvoient aussi chacun à sa propre image, « comme en miroir ».
L’exposition invite donc le public à dépasser la seule contemplation esthétique. Elle pose une question qui accompagne l’humanité depuis ses origines. « Qui suis-je donc ? », résume Michel Teheux.
Chaque rencontre avec une œuvre confronte le visiteur à une identité différente. Ce face-à-face nourrit aussi une réflexion plus personnelle. « “Je” – le singulier – est, en son essence, pluriel. L’un est multiple. L’un est l’autre », rappelle Michel Teheux.
Deux millénaires d’histoire réunis à Huy
Les sculptures exposées couvrent une période particulièrement vaste. La plus ancienne remonte à 2.000 ans. La plus récente date d’environ un siècle. Le public découvre donc plusieurs époques dans un même lieu.
Un buste en marbre de Lysimachus figure parmi les pièces présentées. Bartolomeo Cavaceppi l’a réalisé vers 1760. Il côtoie un buste de l’empereur Caracalla, daté des années 212 à 217.
Une œuvre en marbre du IIIe siècle représente Ulysse. Non loin de là, un bronze du XIXe siècle montre l’empereur Auguste. Ces rapprochements font dialoguer l’Antiquité et les périodes plus récentes.
Le visiteur observe ces œuvres anciennes avec le regard de son époque. Pourtant, chacune conserve une histoire qui continue de parler au présent. Certaines portent aussi les traces de récits aujourd’hui disparus.
Des œuvres dont l’identité doit réapparaître
Tobias Desmet compare ces sculptures aux témoins de récits parfois « perdus ». Selon l’égyptologue, les chercheurs doivent retrouver leur identité. Cette recherche dépasse la seule analyse de leur matière ou de leur apparence.
« Chaque œuvre possède une histoire qui dépasse largement sa présence matérielle », souligne-t-il. Sa provenance, son époque et ses anciens propriétaires peuvent enrichir sa signification.
Tête-à-tête propose donc davantage qu’un parcours parmi des sculptures anciennes. L’exposition conduit le visiteur à travers l’histoire.
Elle l’invite aussi à mesurer la manière dont ce passé façonne encore ses propres représentations. L’exposition reste accessible jusqu’au 13 septembre à la collégiale de Huy.
Les informations pratiques figurent sur le site septennalesdehuy.com.