Décès de Peter Max, maître de l’art psychédélique et du « flower power »
La mort de Peter Max, à 88 ans, prive les États-Unis d’une figure majeure de l’art psychédélique. Ses couleurs vives avaient marqué la culture populaire des années 1960.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Peter Max est mort à 88 ans après avoir marqué l’art psychédélique américain. Enfant juif ayant fui l’Allemagne nazie, il avait transformé les couleurs du « flower power » en langage populaire. Son œuvre a couvert des affiches, des objets, des avions et des navires.
Peter Max est mort lundi à l’âge de 88 ans. Son fils a annoncé son décès mercredi dans un communiqué. La famille n’a pas précisé la cause de sa mort.
La mort de Peter Max referme une carrière longue de plus de soixante ans. L’artiste avait imposé ses créations dans les musées comme dans la vie quotidienne. Ses dessins ont couvert des affiches, des timbres, des vêtements et des objets décoratifs.
Ses œuvres ont aussi habillé un Boeing 777 et un navire de croisière. Peter Max travaillait avec des couleurs intenses et des formes tourbillonnantes. Son univers mêlait fleurs, astres, visages et personnages proches de la bande dessinée.
La mort de Peter Max marque la fin d’une époque
Peter Max connaît une ascension fulgurante à la fin des années 1960. Son style accompagne alors la contre-culture américaine et le mouvement « flower power ». Ses posters couvrent rapidement les chambres de millions d’étudiants.
L’artiste ne limite pas sa création aux galeries. Il décline son univers sur des horloges, des draps, des robes et des foulards. Il conçoit même des couvertures pour les Pages Jaunes de Manhattan.
Le magazine Life lui consacre sa couverture en 1969. Le public reconnaît immédiatement sa moustache noire et son large sourire. Peter Max devient lui-même une figure de la culture populaire américaine.
Cette réussite commerciale finit pourtant par l’éloigner de la peinture. Au début des années 1970, il ferme temporairement son entreprise. Il veut retrouver les pinceaux et reprendre une activité artistique plus personnelle.
Un enfant juif chassé de l’Allemagne nazie
Peter Max Finkelstein naît en 1937 dans une famille juive de Berlin. Ses parents fuient l’Allemagne nazie lorsqu’il n’est encore qu’un bébé. La famille gagne alors Shanghai.
Elle séjourne ensuite au Tibet, en Israël et à Paris. Elle rejoint finalement New York lorsque Peter Max atteint l’âge de 16 ans. L’adolescent admire déjà les bandes dessinées, le cinéma et le jazz américains.
Il étudie dans plusieurs écoles d’art new-yorkaises. Son parcours le conduit notamment à l’Art Students League et au Pratt Institute. En 1961, il ouvre un studio de graphisme avec plusieurs amis.
Son style attire rapidement les agences de publicité et les grandes entreprises. Peter Max construit alors un langage visuel simple et accessible. Ses compositions associent la culture pop américaine aux influences spirituelles orientales.
Des Jeux olympiques à la Statue de la Liberté
Les organisateurs de nombreux événements sportifs font appel à lui. Peter Max travaille pour les Jeux olympiques, le Super Bowl et la Coupe du monde. Il crée également pour les 500 Miles d’Indianapolis et les World Series.
Ses portraits représentent plusieurs présidents américains et des célébrités. Taylor Swift figure parmi ses modèles les plus récents. En 1981, Nancy Reagan l’invite à peindre la Statue de la Liberté à la Maison-Blanche.
Son œuvre rejoint des dizaines d’expositions à travers le monde. Le Museum of Modern Art de New York conserve sept de ses créations. Cette reconnaissance contredit l’idée d’un rejet complet par les institutions artistiques.
Peter Max entretenait aussi des liens avec les Beatles. Certains lui attribuent encore à tort l’univers graphique de « Yellow Submarine ». Heinz Edelmann a officiellement conçu les images du film et de l’album. Max aurait seulement participé aux premières réflexions.
Une fin de vie assombrie par les controverses
La justice américaine poursuit Peter Max pour fraude fiscale dans les années 1990. En 1997, il reconnaît avoir caché plus d’un million de dollars de revenus. Un juge lui impose notamment une amende et 800 heures de travaux d’intérêt général.
Il effectue une partie de cette peine en enseignant l’art dans des écoles de Harlem. Des conflits familiaux assombrissent ensuite ses dernières années. Son état de santé et la gestion de ses biens provoquent plusieurs batailles judiciaires.
Sa seconde épouse, Mary Max, et son fils s’accusent mutuellement de détournements et de mauvais traitements. Mary Max meurt en juin 2019. L’artiste laisse deux enfants, Adam Cosmo et Libra Astro.
Ces affaires contrastent avec la gaieté revendiquée de ses tableaux. Peter Max refusait de consacrer son art aux sujets négatifs. Il disait observer le monde avec des « yeux arc-en-ciel ».