« Une communication totalement déconnectée du monde réel » : Nuñez répond sèchement au Syndicat de la magistrature
Accusées par le Syndicat de la magistrature de « réprimer la jeunesse » lors des blocages de lycées, les forces de l'ordre ont reçu le soutien de Laurent Nuñez. Le ministre de l'Intérieur dénonce des accusations « graves et sans fondement » et une communication « totalement déconnectée du monde réel ».
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Laurent Nuñez répond au Syndicat de la magistrature, qui accuse le gouvernement de « réprimer la jeunesse » lors des blocages de lycées. Le ministre dénonce des accusations « graves et sans fondement » et « totalement déconnectées du monde réel ».
« Les forces de l'ordre ne répriment pas la jeunesse. » Laurent Nuñez a répondu sèchement, dimanche, au Syndicat de la magistrature, qui avait accusé le gouvernement d'apporter une « réponse brutale » au mouvement de contestation dans les lycées.
Dans un communiqué publié vendredi, le syndicat appelait à « cesser de réprimer la jeunesse pour la faire taire ». Il dénonçait notamment le « gazage des élèves », des « interpellations brutales » et l'utilisation d'armes sublétales, jugeant ces usages de la force « manifestement disproportionnés ». Le syndicat affirmait également que ceux-ci touchaient « d'abord et avant tout les jeunes racisé·es issu·es des quartiers populaires ».
« Des accusations graves et sans fondement »
C'est une lecture que rejette catégoriquement le ministre de l'Intérieur. Policiers et gendarmes « ne répriment pas la jeunesse » mais « protègent » les élèves et étudiants qui souhaitent « porter pacifiquement leurs revendications », a-t-il affirmé dimanche.
Laurent Nuñez assure que les forces de l'ordre interviennent « avec fermeté et sans délai » contre les auteurs de dégradations, violences et exactions, mais « avec proportionnalité », sous le contrôle de leur hiérarchie et, le cas échéant, de la justice.
Le ministre dénonce ainsi des « accusations graves et sans fondement » concernant de prétendues interventions « brutales et disproportionnées ». Il reproche surtout au Syndicat de la magistrature une « communication accusatoire totalement déconnectée du monde réel ».
Plus de 5.000 interpellations depuis lundi
La passe d'armes intervient après une semaine particulièrement tendue autour des établissements scolaires. Depuis lundi, plus de 5.000 personnes ont été interpellées en marge du mouvement lycéen, dont environ 85 % de mineurs, selon les autorités. Pour la seule journée de vendredi, plus de 1.700 interpellations ont été recensées.
Les accusations concernant l'action des forces de l'ordre font parallèlement l'objet de procédures : l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie de cinq enquêtes.