« Vous pouvez compter sur vos armées » : l’appel du chef d’état-major des armées françaises au Medef
Devant les chefs d’entreprise réunis à Roland-Garros, le général Mandon a plaidé pour un renforcement de la résilience nationale et des synergies entre le monde économique et les forces armées face à la dégradation du contexte géopolitique. Article de Loïc Cotteret.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
Fabien Mandon a appelé les dirigeants réunis au Medef à renforcer le lien entre défense, économie, industrie et réserve opérationnelle.
Dans le cadre feutré mais inhabituel du court Philippe-Chatrier, l’intervention était très attendue. Venir s’adresser aux patrons français lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) organisée par le Medef constitue un exercice singulier pour un chef d’état-major des armées.
Face à un parterre de dirigeants, Fabien Mandon a d’emblée posé les fondations de son diagnostic : « Il n’y a pas de défense sans économie. Et notre défense est forte si notre économie est forte. » Une manière d’inscrire la souveraineté nationale dans une dynamique collective où le monde de l’entreprise devient le partenaire direct des forces armées.
Il n’y a pas de défense sans économie. Et notre défense est forte si notre économie est forte.
Fabien Mandon
Un modèle militaire d’excellence face à un monde instable
Soulignant la valeur morale, la culture du commandement et la capacité d’adaptation des soldats français, saluées jusqu’en Pologne lors de la formation des troupes ukrainiennes, le général a rappelé que la France dispose d’un outil militaire de référence.
Portée par le doublement du budget de la Défense initié ces dix dernières années et soutenu par une industrie de pointe, l’armée française a su anticiper des transformations que d’autres nations européennes engagent seulement aujourd’hui.
Néanmoins, l’émergence de menaces hybrides, l’omniprésence du terrorisme et la montée en puissance de la guerre d’usure imposeront de réviser les priorités de production.
Le défi de la résilience et de l’effort industriel
Évoquant une « permanence de la menace russe » et la dégradation continue des équilibres mondiaux à l’horizon 2030, le général a mis en garde contre le risque de saturation face aux guerres modernes. L’explosion de l’usage des drones ou le recours massif à l’intelligence artificielle exigent de dépasser la logique des modèles de production « à flux tendus ».
Pour tenir dans la durée, la nation doit être en mesure d’anticiper la rupture des approvisionnements stratégiques. Cette préparation passe par une adaptation industrielle rapide et la capacité des entreprises à soutenir l’effort souverain en cas de crise majeure.
Des ressources humaines partagées au service de la Nation
Au-delà des équipements, la réponse repose sur la force morale et le capital humain. Le chef d’état-major a vivement encouragé les chefs d’entreprise à faciliter l’engagement de leurs salariés dans la réserve opérationnelle, appelée à atteindre 80 000 personnels d’ici 2030, tout comme la réinsertion des blessés ou l’emploi des conjoints de militaires.
En ouvrant des passerelles renforcées et en valorisant le parcours des jeunes issus du service national, le monde économique devient le garant de la résilience globale du pays face aux chocs à venir.