Pour Clémence Guetté, le modèle de famille traditionnelle relève de « l’extrême-droitisation » de la société
Sur France Inter, Clémence Guetté s’en prend à la « survalorisation » de la famille traditionnelle. Pour la députée LFI, vouloir revenir à ce modèle participe même d’une « extrême-droitisation de la société ». Une formule qui en dit long sur la grille idéologique des Insoumis.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Clémence Guetté estime sur France Inter que « revenir » à la famille traditionnelle participe d’une « extrême-droitisation de la société ». Une sortie révélatrice de la grille idéologique de LFI.
Partie d’une réflexion sur la place de l’amitié dans notre société, Clémence Guetté a fini par trouver, face à Benjamin Duhamel sur France Inter, un nouveau symptôme de « l’extrême-droitisation » française : le retour à la famille traditionnelle.
« La famille traditionnelle est une forme d’extrême-droitisation de la société »…Il fallait oser! #LFI https://t.co/q3wM1mBF4d
— Thibault deMontbrial (@MontbrialAvocat) August 26, 2026
La députée LFI expliquait que l’amitié, pourtant « extrêmement valorisée », ne bénéficie d’aucune reconnaissance comparable à celle de la famille dans la loi ou la fiscalité. Puis vient le glissement.
« La famille traditionnelle », explique-t-elle, est aujourd’hui « survalorisée ». Elle précise : « le couple, majoritairement le couple hétérosexuel, la famille avec des enfants », une institution selon elle « prônée d’ailleurs par la droite, par les réactionnaires de tout temps et de toute époque ».
Le couple, majoritairement le couple hétérosexuel, la famille avec des enfants est une institution prônée d’ailleurs par la droite, par les réactionnaires de tout temps et de toute époque.
Clémence Guetté
Des « réactionnaires » à « l’extrême-droitisation »
Benjamin Duhamel lui rappelle aussitôt que la valorisation de la famille n’est « pas seulement » une affaire de droite et évoque également l’enjeu démographique.
Clémence Guetté répond en attaquant le « réarmement démographique » défendu par Emmanuel Macron, qui ne se serait pas suffisamment interrogé sur les causes de la baisse de la natalité : inquiétude devant l’avenir, changement climatique, difficultés du post-partum ou conséquences de la maternité sur les carrières.
Puis tombe la conclusion : « M. Macron participe, au sein d’une bataille idéologique qui est celle de l’extrême droite. C’est une forme d’extrême-droitisation de la société que de revenir à cette famille traditionnelle. »
M. Macron participe, au sein d’une bataille idéologique qui est celle de l’extrême droite. C’est une forme d’extrême-droitisation de la société que de revenir à cette famille traditionnelle.
Clémence Guetté
Il ne s’agit donc plus seulement de critiquer un discours nataliste ou les avantages accordés aux familles. Le « retour » à la famille traditionnelle devient le symptôme d’une bataille idéologique menée par l’extrême droite.
Qu'aurait la famille traditionnelle d'extrême droite ?
Pourquoi faut-il faire intervenir l’extrême droite ? La famille traditionnelle n’appartient ni à Marine Le Pen ni à Éric Zemmour. Le couple hétérosexuel avec enfants est une forme sociale infiniment antérieure aux partis contemporains et rassemble des Français de toutes sensibilités politiques.
Surtout, la politique familiale française n’a jamais été le monopole de la droite. Allocations familiales, politique de la petite enfance, congés liés à la naissance et soutien fiscal aux familles ont traversé les alternances. La gauche elle-même a longtemps considéré la famille comme un lieu de solidarité à protéger, tout en étendant progressivement les droits reconnus aux autres modèles familiaux.
Quand « l’extrême droite » finit par tout engloutir
C’est ici que la sortie de Clémence Guetté dépasse la simple provocation.
À force d’étendre la notion d’« extrême-droitisation », celle-ci ne désigne plus seulement une famille politique. Elle devient un moyen de rattacher à l’extrême droite des positions partout répandues dès lors qu’elles s’éloignent de la grille insoumise.
Constater la chute de la natalité et souhaiter que ceux qui désirent des enfants puissent en avoir n’a rien d’extrémiste. Et rappeler qu’une démographie déclinante pose à terme des problèmes à un système de retraites par répartition relève de l’arithmétique avant de relever de l’idéologie.
Entre imposer la famille traditionnelle comme modèle unique et considérer qu’elle mérite d’être soutenue, il existe un espace immense : celui dans lequel vit la très grande partie du pays.
Clémence Guetté disait avoir conscience de marcher sur une « ligne de crête ». Sa sortie révèle surtout jusqu’où s’étend désormais la notion d’« extrême droite » dans le vocabulaire insoumis.
Quand la volonté de revenir à une famille composée d’un couple et de ses enfants suffit à entrer dans cette catégorie, il devient permis de se demander ce qui, dans la société française ordinaire, peut encore lui échapper.