À Berlin, la probable future maire et cheffe du parti d'extrême gauche Die Linke admet avoir « peur » de militants proches de son parti
Une note confidentielle envoyée par erreur au journal « Spiegel » met Elif Eralp, favorite pour diriger Berlin, face à un dilemme brutal : dénoncer des milieux qu’elle craint, ou protéger sa famille. La fuite éclaire une alliance politique devenue explosive.
Publié par Loïc Cotteret
Résumé de l'article
À Berlin, Elif Eralp, cheffe de Die Linke, admet dans une note confidentielle avoir « peur » de militants propalestiniens proches de son parti, notamment d’Ibrahim Ibrahim. La fuite fragilise les négociations pour former une coalition municipale.
Elif Eralp voulait sans doute corriger une interview. Elle a déclenché une tempête. La tête de liste de Die Linke à Berlin, arrivée en tête du scrutin municipal du 20 septembre avec 25,7% des voix, a vu ses remarques internes aboutir dans la rédaction du magazine allemand. Dans ce document, elle confie avoir « peur » de certains militants gravitant autour de son propre camp et redouter des représailles contre elle ou les siens.
Une phrase qui change tout
« Mon mari ne souhaite pas, et moi non plus, citer de noms ; il a peur de ces gens, et moi aussi », écrit-elle, selon les informations du Spiegel. Elle ajoute qu’un conseil régional de police criminelle lui avait déjà recommandé de ne jamais nommer certaines personnes, une précaution, dit-elle, qui concernait autrefois le crime organisé et vise désormais des individus liés au Hamas.
La dirigeante de 45 ans se demande même s’il ne faudrait pas annuler l’entretien plutôt que d’exposer sa famille. Ce n’est plus une polémique politique : c’est l’aveu d’une peur personnelle au sommet d’un parti qui pourrait bientôt gouverner la capitale allemande.
Berlin, élections 2026 : la gauche radicale gagne, et sa candidate avoue en privé qu'elle a peur.
— Simone Rodan-Benzaquen (@srodan) October 29, 2026
Elif Eralp (Die Linke) veut diriger la capitale allemande. Interrogée par le Spiegel, elle confirme que la « dérive » de sa campagne, c'est Ibrahim Ibrahim : un activiste lié au…
L’ombre d’Ibrahim Ibrahim
Au cœur du dossier figure Ibrahim Ibrahim, militant propalestinien berlinois présenté comme proche d’élus de Die Linke. Il aurait rendu hommage à Yahya Sinouar, dirigeant du Hamas mort en 2024, lors d’une manifestation à Berlin en octobre 2025.
Sa présence à la soirée électorale du parti, dans le quartier de Neukölln, avait déjà alimenté les soupçons. Les critiques visent désormais moins une position sur le conflit israélo-palestinien que la proximité supposée entre un parti appelé à gouverner et des réseaux radicaux.
🇩🇪 #Entrisme À Berlin, Elif Eralp, candidate de la gauche radicale, Die Linke, veut devenir maire.
— Florence Bergeaud-Blackler 🎓 (@FBBlackler) October 29, 2026
Cette semaine, un document interne fuite.
De sa main, cette phrase : « j’ai peur de ces gens ».
un milieu pro-Hamas qu’elle n’ose même pas nommer.
Sauf que son propre parti, lui,… pic.twitter.com/rUF8qyQDUc
Bien loin des accusations de racisme distribuées par la gauche française à la volée, des révélations explosives font trembler Berlin
— JS Ferjou (@jsferjou) October 29, 2026
On y apprend que la potentielle mairesse d’extrême gauche de la ville vit dans LA TERREUR des militants pro palestiniens de SON parti liés au… https://t.co/UneseRBpFn
Une coalition sous tension
Die Linke négocie actuellement avec le SPD et les Verts pour former une majorité à Berlin. Cette fuite tombe au pire moment : elle fragilise des discussions déjà compliquées par les accusations d’antisémitisme et les soupçons de liens avec le crime organisé.
Le responsable berlinois du SPD, Steffen Krach, a réclamé une ligne claire : « Ni les chefs de clan ni un certain Ibrahim Ibrahim ne doivent avoir leur mot à dire à Berlin. » Au niveau fédéral, le chancelier conservateur Friedrich Merz presse les sociaux-démocrates de refuser toute alliance avec Die Linke.
Eralp tente de reprendre la main
Interrogée ce jeudi 29 octobre, Elif Eralp a cherché à contenir les dégâts. « Je ne me laisserai pas intimider par personne », a-t-elle déclaré, en promettant de lutter contre le crime organisé, la glorification de la violence et le terrorisme.
Reste une question que la note confidentielle rend difficile à éluder : comment gouverner une ville si l’on craint des acteurs que son propre parti a tolérés dans son entourage ? À Berlin, la réponse pourrait décider non seulement d’une coalition, mais de la crédibilité de toute une gauche radicale.