Alzheimer : décision attendue ce 5 mai sur le remboursement de nouveaux traitements
Selon Le Journal du Médecin, quinze spécialistes belges de la maladie d’Alzheimer demandent à l’INAMI de rembourser, sous conditions strictes, une nouvelle génération de traitements capables de ralentir l’évolution clinique de la maladie à un stade précoce.
Publié par A.G.
Résumé de l'article
-L’INAMI doit décider ce 5 mai s’il rembourse de nouveaux traitements capables de ralentir Alzheimer à un stade précoce.
-Quinze experts belges plaident pour un accès strictement encadré, afin d’éviter une médecine réservée aux seuls patients capables de payer.
Il ne s’agit pas de médicaments miracles. Des molécules comme le lecanemab ou le donanemab ne guérissent pas Alzheimer. Mais, selon les experts, elles marquent un tournant : pour la première fois, des traitements peuvent modifier l’évolution de la maladie et ralentir, de manière mesurable, le déclin des patients au début du processus.
Nécessité d'un cadre très strict
Le professeur Bart De Strooper, figure reconnue dans ce domaine, insiste sur la nécessité d’un cadre très strict. Ces traitements supposent un diagnostic rigoureux, une confirmation biologique de la maladie, une sélection minutieuse des patients et un suivi spécialisé. Ils ne s’adresseraient donc pas à toutes les personnes atteintes de démence, mais à des patients au stade précoce d’Alzheimer, chez qui le bénéfice potentiel est plus important.
En Angleterre, où ces traitements ne sont pas remboursés, leur coût atteindrait environ 30.000 euros par an, avec une perfusion toutes les deux semaine.
La question est aussi budgétaire. En Angleterre, où ces traitements ne sont pas remboursés, leur coût atteindrait environ 30.000 euros par an, avec une perfusion toutes les deux semaines, indique Le Journal du Médecin. Les effets secondaires existent également, notamment des anomalies d’imagerie liées à l’amyloïde, mais les spécialistes estiment qu’ils peuvent être maîtrisés si les patients sont bien sélectionnés et suivis.
Risque d'une médecine à deux vitesses
Les experts alertent surtout sur le risque d’une médecine à deux vitesses. En l’absence de remboursement, seuls les patients capables de payer pourraient accéder à ces traitements. Une situation difficilement compatible, selon eux, avec un système de santé solidaire.
La décision de l’INAMI est attendue ce 5 mai. Bart De Strooper dit toutefois recevoir de « mauvais signaux », dans un contexte européen marqué par le scepticisme d’une partie du monde médical sur le rapport entre bénéfices, risques et coûts. Pour les signataires, ce débat ne concerne pas seulement un médicament : il dira aussi quelle place la Belgique veut accorder aux premières thérapies susceptibles de modifier le cours de la maladie d’Alzheimer.