Annuler une partie de la dette ? La Banque de France répond sèchement à Jean-Luc Mélenchon
Emmanuel Moulin a sévèrement rejeté la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’annuler une partie de la dette française. Le gouverneur de la Banque de France la juge à la fois contraire aux traités, inflationniste et sans effet sur le déficit budgétaire.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Le gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin juge « illégale, dangereuse et inutile » la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’annuler une partie de la dette française.
Trois adjectifs pour écarter la proposition. Invité vendredi matin sur RTL, le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a qualifié d’« illégale, dangereuse et inutile » l’idée défendue par Jean-Luc Mélenchon d’annuler une partie de la dette publique française.
Le candidat à l’élection présidentielle propose de supprimer une partie des titres de dette française. Une solution qu’Emmanuel Moulin rejette sur les trois plans. « Elle est illégale parce qu’elle est contraire aux traités », a-t-il d’abord expliqué. Elle serait ensuite « dangereuse parce qu’elle crée de l’inflation » et enfin « inutile », puisqu’elle « ne réduit pas le déficit budgétaire ».
Une situation française « inquiétante »
Le gouverneur de la Banque de France ne minimise pas pour autant l’état des finances et de l’économie françaises. S’il écarte le scénario d’une crise comparable à celle qu’a connue la Grèce, estimant l’économie française « plus solide et diversifiée », il appelle à la vigilance.
La France « n’est pas en danger », mais se trouve dans « une situation inquiétante », a-t-il averti. Emmanuel Moulin souligne notamment la singularité actuelle de l’économie française, marquée par une croissance et une inflation faibles alors que plusieurs de ses voisins européens connaissent une évolution différente.
Aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient se sont ajoutées les difficultés de l’industrie aéronautique, Airbus ayant notamment souffert de retards dans la livraison de moteurs qui ont pesé sur les exportations. Emmanuel Moulin estime également que la canicule de cet été a coûté « au moins 0,1 point de croissance », en affectant notamment l’agriculture et le secteur de la construction.
Le diagnostic du gouverneur est donc loin d’être rassurant. Mais à ses yeux, l’effacement d’une partie de la dette proposé par Jean-Luc Mélenchon ne constituerait certainement pas une réponse au problème budgétaire français.