La SLRB en conflit financier ouvert avec les SISP. Au-delà de cela, c’est tout le secteur du logement social qui est au bord de la faillite.
Plusieurs SISP ont cessé de confier leurs revenus à la SLRB, sur fond de conflit autour de quelque 60 millions d’euros de liquidités. Cette situation fragilise davantage le secteur du logement social bruxellois.
Publié par Harrison du Bus
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Résumé de l'article
Un conflit autour de liquidités détenues par la SLRB oppose plusieurs sociétés immobilières de service public à l’institution régionale, déjà confrontée à des problèmes de trésorerie. Les difficultés touchent aussi les AIS à Bruxelles.
Nouveau signe de fragilité financière pour la Société de logement de la Région bruxelloise (SLRB). Plusieurs sociétés de logement social bruxelloises ont cessé de lui confier leurs revenus, sur fond de conflit autour de quelque 60 millions d’euros de liquidités selon L’Écho. Une situation connue depuis des mois, mais qui est en train de dégénérer et qui vient encore fragiliser une institution régionale déjà confrontée à d’importants problèmes de trésorerie.
La tension monte au sein du secteur du logement social bruxellois. Selon des informations confirmées de bonnes sources, plusieurs des 16 sociétés immobilières de service public (SISP) placées sous la tutelle de la SLRB ont décidé de ne plus lui confier leurs revenus.
Au cœur du conflit : des dizaines de millions d’euros présents sur les comptes courants des différentes sociétés de logement social.
60 millions d’euros au cœur du conflit
L’affaire remonte au début de l’année. La SLRB avait alors informé les SISP qu’elles devraient désormais payer le précompte immobilier de leur parc de logements sur leurs propres fonds.
Une décision qui a surpris plusieurs sociétés. Six d’entre elles, qui disposaient de soldes positifs sur leurs comptes courants auprès de la SLRB, ont demandé que cet argent soit simplement utilisé pour régler leurs obligations fiscales.
Mais la réponse de la SLRB a été négative. Pour les sociétés concernées, la situation ressemble désormais à une confiscation de leurs réserves afin de compenser les difficultés financières d'autres acteurs. La situation crée des difficultés pour plusieurs SISP qui doivent reporter des chantiers de rénovation malgré des centaines de logements sociaux vides sur Bruxelles, faute de rénovation, ou payer des fournisseurs avec retard et donc avec des intérêts, ce qui creuse encore plus le déficit.
Sept SISP refusent de continuer à alimenter le système
La situation concernerait aujourd’hui au moins sept sociétés de logement social : le Logis-Floréal à Watermael-Boitsfort, le Foyer schaerbeekois, En Bord de Soignes, l’Alliance bruxelloise coopérative, Log’Iris et Lojega. Le Foyer laekenois serait également confronté à des difficultés liées à cette situation.
Une SLRB déjà sous pression
Ce nouveau conflit intervient dans un contexte particulièrement tendu pour la SLRB.
L’institution régionale connaît elle-même d’importantes difficultés financières et de trésorerie. L’accord conclu par le nouveau gouvernement bruxellois prévoit un renflouement de 400 millions d’euros, destiné notamment à permettre à l’organisme de régler des factures qui s’accumulent depuis plusieurs mois. Mais ce sauvetage financier est lui-même pris dans les tensions politiques qui traversent la majorité bruxelloise.
Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a annoncé que son parti bloquerait le versement d’une première tranche de 131 millions d’euros tant que Lotfi Mostefa (PS) resterait président du Foyer anderlechtois. Celui-ci est notamment soupçonné de pratiques clientélistes, ce qu’il conteste. Le MR veut des changements profonds en termes de gouvernance et de gestion.
Le parti utilise donc les cordons de la bourse pour forcer les réformes et fera aussi monter des personnes sur qui il pourra compter pour tenter de forcer les réformes au sein de la SLRB qui est en plein renouvellement de son CA.
Le parti libéral fera notamment monter au sein du CA Marcela Gori, qui est l’une de celles qui ont dénoncé les affaires au sein du Foyer anderlechtois, et Étienne Dujardin, qui était jusqu’à présent déjà administrateur au sein de la SISP En Bord de Soignes, qui a 15 ans d’expérience dans les matières liées au logement. Deux profils choisis pour peser face au PS pour qui le logement est quasiment une matière réservée à Bruxelles et qui contrôle le secteur depuis des années.
Les AIS aussi en grande difficulté
À cela s’ajoutent les difficultés du secteur des AIS à Bruxelles. Plusieurs ASBL sont déjà tombées en faillite et plusieurs sont dans des situations très compliquées depuis l’adoption de l’ordonnance Ben Hamou qui rend plus compliquée l’expulsion des locataires sociaux qui ne paient pas. Les procédures sont plus longues, entraînent des frais judiciaires qui explosent et les impayés de loyers explosent pour des montants de plusieurs centaines de milliers d’euros pour certaines AIS, ce qui rend leur situation financière presque intenable.
Bref, c’est tout le logement du secteur social qui est au bord du gouffre à Bruxelles et la Région n’a plus d’argent pour venir aider le secteur.