Dette française : Thierry Breton répond à Pigasse, « l’annulation, ça ne marche pas »
Face aux propositions de Jean-Luc Mélenchon et du banquier Mathieu Pigasse d’annuler une partie de la dette, Thierry Breton oppose un refus catégorique : dans la zone euro, « ça ne marche pas ». Sur LCI, l’ancien commissaire européen a aussi laissé entrouverte la porte d’une candidature présidentielle.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Thierry Breton rejette catégoriquement l’idée d’annuler une partie de la dette française, défendue notamment par Mélenchon et Pigasse. Sur LCI, il a également refusé d’écarter définitivement une candidature présidentielle.
Annuler une partie des quelque 3.500 milliards d’euros de dette publique française ? Pour Thierry Breton, l’idée se heurte tout simplement à la réalité de la monnaie européenne.
Interrogé sur LCI sur les propositions de Jean-Luc Mélenchon, qui souhaite notamment effacer les titres de dette publique détenus par la Banque de France, l’ancien commissaire européen a également été invité à réagir aux positions de Mathieu Pigasse. Le banquier d’affaires estime lui aussi qu’une annulation est possible, au motif que la banque centrale est une institution publique et que « la monnaie est un bien public ».
Thierry Breton lui oppose d’abord la nature même de l’euro. « Nous sommes 347 millions d’Européens » à avoir décidé de mettre leur monnaie en commun, rappelle-t-il. L’euro constitue donc selon lui le « bien commun » de ces Européens, et son fonctionnement suppose de respecter des règles collectives.
« On ne peut pas faire n’importe quoi », tranche l’ancien ministre de l’Économie.
▶️ Annuler la dette : "Ça ne marche pas dans une monnaie telle que la nôtre", lance @ThierryBreton, ancien ministre de l’Économie pic.twitter.com/Vjf1OeP5xv
— LCI (@LCI) August 26, 2026
« Mathieu Pigasse voulait toujours annuler »
Thierry Breton connaît bien le banquier d’affaires et rappelle son passé chez Lazard, notamment lors de la crise grecque. Une expérience qu’il utilise précisément pour contester la solution aujourd’hui avancée pour la France.
« Mathieu Pigasse voulait toujours annuler. Bon, ça n’a jamais marché », lance-t-il, évoquant les négociations sur la dette grecque au début des années 2010.
Breton insiste surtout sur le changement d’échelle. La dette grecque représentait alors quelque 320 milliards d’euros. Celle de la France gravite désormais autour de 3.500 milliards.
Pour l’ancien commissaire européen, Paris ne peut en outre décider unilatéralement d’effacer les créances détenues par sa banque centrale alors qu’il partage sa monnaie avec les autres membres de la zone euro. « Le principe d’annulation, ça ne marche pas dans une monnaie qui est une monnaie telle que la nôtre. Ça ne marche pas », martèle-t-il, rappelant l'opposition de la Banque centrale européenne, de la Commission et notamment de l'Allemagne à une telle opération.
Candidat à l’Élysée ? « Certainement pas »
L’entretien a également pris un tour plus politique lorsque Thierry Breton a été interrogé sur son propre avenir. À la question d’une éventuelle candidature à l’élection présidentielle, sa première réponse est catégorique : « certainement pas. »
Lorsqu’on lui demande s’il l’écarte définitivement, l’ancien ministre se montre cependant nettement moins définitif : « Personne n’écarte jamais rien. Ce n’est pas comme ça qu’on fait les choses. »
🔴 Thierry Breton candidat en 2027 ?
— LCI (@LCI) August 26, 2026
🗣️ "Certainement pas", affirme l’ancien ministre de l’Économie, tout en soulignant le nombre important de candidats en lice pour l’Élysée pic.twitter.com/MEPkfBHVxU
Thierry Breton estime que les Français n’ont pas encore choisi celui ou celle qui serait le mieux placé pour défendre leurs intérêts. Et son diagnostic sur l’offre politique actuelle est sévère, particulièrement pour l’espace central auquel il appartient.
L'ancien commissaire reconnaît à Jean-Luc Mélenchon une « présence » et la capacité d'attirer les foules. « Ce n’est pas ma tasse de thé, bien entendu », précise-t-il, avant de reconnaître que le leader insoumis « incarne quelque chose ». Il porte un jugement similaire sur Marine Le Pen.
En revanche, lorsqu’il examine le vaste espace allant de François Hollande à Bruno Retailleau, en passant par Raphaël Glucksmann, Gabriel Attal et Édouard Philippe, Breton ne distingue aucun favori.
« Pour l’instant, dans ce spectre-là, il faut le dire, il n’y en a aucun qui émerge », constate celui qui se définit lui-même comme « centriste et chiraquien ».