Avion de combat européen : Bart De Wever dénonce une « pure stupidité » franco-allemande
Le Premier ministre belge Bart De Wever a vivement critiqué mardi l’échec des discussions entre Paris et Berlin sur le développement d’un avion de combat européen de nouvelle génération.
Publié par A.G.
Selon Politico, il s’en est pris mardi à l’incapacité de la France et de l’Allemagne à s’accorder sur le programme Future Combat Air System (FCAS), censé remplacer vers 2040 les Eurofighter allemands et les Rafale français.
« Quel gâchis »
« J’ai été extrêmement déçu de lire que la France et l’Allemagne ne parviennent pas à s’entendre sur le développement d’un avion européen de sixième génération. Quel gâchis, quelle arrogance », a déclaré Bart De Wever lors d’un événement à Bruxelles (le Single Market Summit 2026).
Le chef du gouvernement belge a même parlé de « pure stupidité », estimant que l’Europe choisissait ainsi « d’être hors-jeu » dans un secteur crucial de la défense aérienne, aujourd’hui comme dans dix ans.
Le programme FCAS, auquel participe aussi l’Espagne, ne devait pas seulement produire un nouvel avion de combat. Il devait également intégrer des drones et un « cloud de combat » permettant de relier l’appareil aux capteurs terrestres et satellitaires. La Belgique y dispose d’un statut d’observateur.
Dassault, Airbus et le vieux contentieux belge
Le blocage porte principalement sur la composante avion de combat, minée par les désaccords entre Dassault Aviation, côté français, et Airbus Defence and Space, côté allemand. Berlin a reconnu lundi que les deux pays cessaient de travailler ensemble sur cette partie du programme.
Bart De Wever a aussi visé, sans le nommer directement, le patron de Dassault, Éric Trappier, qui répète que la France pourrait développer seule un tel avion. « Quiconque suggère que nous pouvons le faire seuls en développant un avion de chasse ignore simplement la réalité », a lancé le Premier ministre belge.
Le dossier est d’autant plus sensible en Belgique que Dassault s’était opposé à l’entrée du pays dans le FCAS après l’achat par Bruxelles d’avions américains F-35. Une décision qui continue de peser sur les relations entre Paris, Bruxelles et les industriels européens de la défense.