Casseurs des manifs : Bouchez propose des travaux d'intérêt général via l'armée dès 14 ans
Après les heurts survenus lors des manifestations contre le décret-programme II, le débat politique se déplace sur le terrain sécuritaire. Le MR veut suspendre les allocations familiales des fauteurs de troubles et imposer, dès 14 ans, des travaux d'intérêt général via l'armée.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Après les violences lors des manifestations contre le décret-programme II, le MR propose de suspendre les allocations familiales des casseurs et d'imposer des travaux d'intérêt général via l'armée dès 14 ans.
Les violences qui ont émaillé les manifestations contre le décret-programme II continuent de produire leurs effets dans le débat politique. Alors que les syndicats et une partie de l'opposition dénoncent les blessures subies par certains enseignants et élèves lors des affrontements, plusieurs responsables politiques concentrent désormais leur attention sur les dégradations et les actes de violence commis en marge des rassemblements.
À Bruxelles, le bourgmestre Philippe Close a dénoncé l'action de « casseurs » venus perturber les manifestations. En Flandre, le président de Vooruit Conner Rousseau est allé plus loin en qualifiant les auteurs des violences de « crapules » et en plaidant pour leur envoi dans des « bootcamps », des camps de redressement inspirés de modèles disciplinaires.
Le MR veut passer à l'offensive
Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, entend désormais traduire cette fermeté dans plusieurs initiatives législatives.
Selon lui, le parti libéral déposera prochainement un texte au niveau fédéral ainsi qu'en Fédération Wallonie-Bruxelles afin de permettre à un juge d'imposer, à partir de 14 ans, des peines accessoires sous la forme de travaux d'intérêt général réalisés dans un cadre lié à l'armée.
« Nous allons déposer un texte au niveau fédéral, ainsi qu'en Fédération Wallonie-Bruxelles, afin de permettre qu'à partir de 14 ans, des peines accessoires décidées par un juge ouvrent la possibilité d'effectuer un service d'intérêt général via l'armée », explique Georges-Louis Bouchez.
L'objectif affiché est d'introduire davantage de discipline et de responsabilisation dans le parcours de jeunes impliqués dans des faits de violence ou de dégradation.
Suspension des allocations familiales
Le MR souhaite également ouvrir un second front, cette fois au niveau régional.
Les libéraux francophones préparent une proposition visant à suspendre les allocations familiales des mineurs impliqués dans des troubles graves lors de manifestations.
Cette mesure, qui concernerait la Wallonie et Bruxelles, s'inscrit dans une logique de responsabilisation des familles. Elle promet toutefois d'alimenter un vif débat politique et juridique sur la proportionnalité des sanctions et leur efficacité réelle.
Une majorité loin d'être unanime
Si plusieurs responsables politiques réclament un durcissement de la réponse apportée aux violences urbaines, la majorité gouvernementale ne parle pas d'une seule voix.
Du côté des Engagés, la prudence est de mise. La ministre de la Jeunesse, Valérie Lescrenier, refuse de légiférer dans l'urgence sous l'effet de l'émotion suscitée par les images des affrontements.
Selon elle, la priorité doit plutôt être donnée au renforcement des institutions publiques de protection de la jeunesse (IPPJ) et aux dispositifs de prise en charge existants.
Cette divergence laisse présager des négociations difficiles dans les prochaines semaines. Entre ceux qui plaident pour des sanctions plus lourdes et ceux qui privilégient des réponses éducatives et structurelles, le débat sur la manière de traiter les violences commises par des mineurs lors des manifestations ne fait manifestement que commencer.
Les événements du week-end pourraient ainsi avoir des conséquences politiques bien plus durables que les seules dégradations observées dans les rues de Bruxelles.