Benoît Dispa (Les Engagés): "Aucun déni de démocratie" dans le vote du décret-programme 2
Accusé par l'opposition d'avoir précipité le vote du décret-programme II sur l'enseignement en violation du règlement parlementaire, le président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Benoît Dispa, se défend. Dans une interview à La Libre, il rejette les accusations de passage en force et refuse de céder aux demandes de démission.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- L'opposition réclame la démission de Benoît Dispa.
- Le président du Parlement défend une décision prise collectivement.
- Il rejette toute accusation de déni de démocratie.
Sommaire
Pris pour cible par l'ensemble des partis d'opposition après l'accélération du vote du décret-programme 2 ,portant notamment sur la réforme de l'enseignement, le président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Benoît Dispa (Les Engagés), se défend. Dans une interview accordée à La Libre, il réfute tout « passage en force » et écarte les appels à sa démission.
Au cœur de la polémique : la décision de convoquer dès ce jeudi une séance plénière pour voter le décret-programme 2, alors qu'elle était initialement prévue le 10 juin. L'opposition dénonce une violation du règlement parlementaire, qui prévoit un délai minimal de 84 heures entre l'approbation d'un rapport en commission et son examen en séance plénière.
Benoît Dispa rappelle toutefois que cette décision n'a pas été prise unilatéralement. « La décision qui est contestée est celle de la conférence des présidents, pas celle du président », souligne-t-il dans les colonnes de La Libre. Selon lui, c'est la majorité de cet organe qui a choisi d'avancer le vote afin de permettre l'adoption rapide des dispositions nécessaires à la prochaine rentrée scolaire.
L'esprit du réglement respecté?
Le président du Parlement reconnaît que le délai réglementaire de 84 heures « n'est pas respecté à la lettre ». Il estime néanmoins que l'esprit du règlement est respecté, les parlementaires ayant eu largement le temps de prendre connaissance d'un texte débattu depuis plusieurs mois. « On ne peut pas raisonnablement soutenir que le Parlement ne serait pas informé du contenu des discussions », affirme-t-il.
Face aux accusations de « déni de démocratie », Benoît Dispa juge les critiques excessives. « Il est vraiment excessif de parler d'un déni de démocratie », déclare-t-il, rappelant que le dossier a fait l'objet de nombreuses discussions en commission et au sein des groupes politiques.
Interrogé sur la légalité du vote, le président de l'assemblée se veut rassurant. Selon lui, le non-respect du délai prévu par le règlement intérieur ne remet pas en cause la validité juridique du décret. « Il n'y aura donc pas d'insécurité juridique sur cet aspect-là », assure-t-il.
Quant aux demandes de démission formulées par le PS, Ecolo et le PTB, Benoît Dispa les balaie. « Je pense qu'ils s'échauffent et que l'on est dans un emballement excessif », répond-il, rappelant ses « 25 ans au service de la démocratie » et contestant toute responsabilité personnelle dans une décision prise collectivement par la conférence des présidents.