BMW diesel en feu, le scandale qui dure depuis des années
Malgré un rappel mondial lancé en 2018, des milliers de BMW diesel présentant un risque d’incendie roulent encore en Europe. En Belgique, plusieurs véhicules ont déjà pris feu, laissant des conducteurs profondément traumatisés.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Des BMW diesel équipées d’un système EGR défectueux circulent encore malgré un rappel mondial lancé en 2018. En Belgique, plusieurs incendies ont déjà été signalés. Le témoignage d’une mère de famille met en avant les conséquences psychologiques laissées par ces accidents.
Pendant des années, le problème est resté connu des spécialistes de l’automobile sans jamais disparaître totalement des routes européennes. Des BMW diesel continuent aujourd’hui de circuler avec un défaut technique susceptible de provoquer un incendie, malgré une vaste campagne de rappel lancée par le constructeur allemand il y a près d’une décennie.
Le magazine d’investigation de la VRT révèle que l’opération engagée par BMW en 2018 n’est toujours pas achevée. Entre-temps, des dizaines de véhicules ont déjà pris feu en Belgique et des centaines de cas ont été recensés ailleurs en Europe.
L’affaire relance les interrogations sur le suivi des rappels automobiles et sur la gestion du dossier par les autorités européennes, alors que certains pays avaient choisi des mesures beaucoup plus strictes.
Un système au cœur du problème
Selon les expertises réalisées après plusieurs incendies, le défaut provient du refroidisseur EGR, un composant intégré au système de recyclage des gaz d’échappement. Ce dispositif permet de réduire les émissions polluantes en réinjectant une partie des gaz dans le moteur après refroidissement.
Le problème apparaît lorsque ce système présente une fuite ou montre des signes d’usure. Dans certaines situations, cela peut entraîner un départ de feu sous le capot. Des garagistes indépendants interrogés affirment que cette défaillance est connue depuis longtemps dans le secteur automobile.
BMW n’a pas communiqué de chiffres officiels au magazine flamand concernant le nombre exact de véhicules concernés ni le total des incendies recensés.
Une famille marquée après l’incendie de son véhicule
Le témoignage de Cindy (prénom d'emprunt) sur VRT donne une dimension concrète à ce dossier technique. En novembre 2024, alors qu’elle rentre chez elle avec ses deux filles après une journée passée à Hasselt, elle ressent un comportement inhabituel au niveau de la pédale d’accélérateur.
Quelques instants plus tard, une importante fumée blanche s’échappe du capot. Alertée par sa fille, elle immobilise immédiatement le véhicule, coupe le moteur et sort avec ses enfants. En quelques minutes, la voiture est entièrement détruite par les flammes.
Depuis cet épisode, la mère de famille explique subir de nombreuses angoisses. Ses nuits restent perturbées par la peur de revivre une situation similaire. Sa plus jeune fille a même dû consulter un psychiatre après l’incendie.
Selon Cindy, certains sons ou l’odeur du feu déclenchent encore aujourd’hui des réactions de panique chez l’enfant. Un traumatisme qui, plusieurs mois après les faits, demeure très présent au sein de la famille.
Des réactions différentes selon les pays
Face à la multiplication des incidents, certains États ont adopté une ligne dure dès 2018. En Corée du Sud, les autorités avaient temporairement retiré de la circulation des milliers de BMW diesel afin de limiter les risques.
En Europe, les véhicules concernés ont toutefois été considérés comme « non dangereux ». Les autorités ont donc laissé BMW organiser ses propres campagnes de rappel.
Près de huit ans après le lancement de cette opération mondiale, des milliers de véhicules concernés continuent néanmoins de rouler sur les routes européennes. Une situation qui suscite désormais des critiques croissantes autour du suivi de ces rappels et de la sécurité des automobilistes.