Bruxelles : Yvan Verougstraete réclame un «sursaut » au gouvernement
Yvan Verougstraete hausse le ton contre le gouvernement bruxellois, auquel Les Engagés participent. Budget, gouvernance, métro, logement, propreté : il réclame un « sursaut » et prévient que « l’avenir de cette Région est en danger ».
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Yvan Verougstraete estime que le gouvernement bruxellois « ne fait pas les réformes nécessaires » et pointe des problèmes de gouvernance et de budget.
- Le président des Engagés réclame des décisions sur le métro, le logement social et la propreté, estimant que « l’avenir de cette Région est en danger ».
- Plus confiant sur le fédéral, il défend un glissement fiscal pour alléger le travail et des économies, notamment dans la Sécurité sociale.
Le message est particulièrement sévère venant du président d’un parti qui participe lui-même à la majorité bruxelloise. Invité de BX1 ce mardi matin, Yvan Verougstraete a directement mis en cause l’action du gouvernement régional, qu’il appelle à un « sursaut ». « Le gouvernement bruxellois ne fait pas les réformes qui sont nécessaires », affirme le président des Engagés.
Quelques mois seulement après la formation du gouvernement bruxellois, Yvan Verougstraete hausse donc déjà le ton. Et le message est suffisamment assumé pour avoir été relayé tel quel sur les réseaux sociaux officiels des Engagés.
« On a un problème de gouvernance et un problème de budget. C’est l’avenir de cette Région qui est en danger. Je demande à ce gouvernement de prendre les décisions qui sont nécessaires », a déclaré le président des Engagés sur BX1.
Un avertissement qui vise directement une majorité à laquelle son propre parti participe. Pour Yvan Verougstraete, l’urgence financière ne permet plus de temporiser. « Il faut qu’on agisse. La situation à Bruxelles est largement pire qu’au fédéral », estime-t-il, affirmant qu’« entre 10 et 15 % du budget ne sert qu’à payer les intérêts, donc les banques ».
"L’existence même de la Région qui est mise en danger"
Le président des Engagés ne limite pas ses critiques à la situation budgétaire. Il pointe plusieurs dossiers emblématiques qui, selon lui, n’avancent pas suffisamment : « Il n’y a pas de décisions sur le métro, il n’y a pas de réforme du logement social et, au niveau propreté, rien ne bouge. »
Son constat est donc double : Bruxelles doit non seulement assainir ses finances, mais aussi accélérer les réformes promises. Au point d'utiliser des mots particulièrement forts sur les conséquences d'une absence de réaction : « Je crois que c’est l’existence même de la Région qui est mise en danger. »
La sortie ressemble dès lors à un sérieux coup de pression sur les partenaires des Engagés. Après les longs mois de négociations nécessaires pour doter Bruxelles d’un gouvernement, Yvan Verougstraete considère manifestement que le temps des compromis doit désormais laisser davantage de place à celui des décisions.
Plus confiant sur le fédéral
Le président des Engagés s’est montré plus confiant concernant le niveau fédéral, où débutent les discussions budgétaires bilatérales. Il rejette notamment la ligne du « no tax », estimant qu’elle aurait elle aussi des conséquences.
Yvan Verougstraete plaide plutôt pour « un glissement fiscal » permettant de diminuer la pression sur le travail, accompagné d’une réduction des dépenses. Des économies devront également être recherchées dans la Sécurité sociale, en favorisant le travail et en « limitant les abus », reconnaît-il, tout en prévenant que « ce ne sera pas facile ».
Enfin, interrogé sur le dossier du survol de Bruxelles et la fronde de plusieurs communes du nord de la capitale, il a affiché son soutien au ministre Jean-Luc Crucke : « Il a tout mon soutien. » Habitant lui-même Woluwe-Saint-Pierre, Yvan Verougstraete reconnaît le risque de voir s’opposer différentes communes bruxelloises et plaide notamment pour une révision des normes de vent.