« Climat de terreur, délais trop courts » : démission de Marie Cruysmans (Les Engagés) rapporteure de la commission Foyer anderlechtois
La députée bruxelloise Marie Cruysmans (Les Engagés) a annoncé sa démission de son poste de rapporteure de la commission d’enquête sur le Foyer anderlechtois. Elle dénonce des conditions de travail incompatibles avec une enquête rigoureuse.
Publié par Demetrio Scagliola
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Résumé de l'article
- Marie Cruysmans quitte sa fonction de rapporteure de la commission d’enquête sur le Foyer anderlechtois.
- Elle estime que le rythme des auditions et la masse de documents empêchent un travail rigoureux.
- Les Engagés affirment continuer à soutenir la poursuite de l’enquête parlementaire.
La commission d’enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur les dysfonctionnements présumés au sein du Foyer anderlechtois connaît un nouveau rebondissement. La députée bruxelloise Les Engagés Marie Cruysmans a annoncé ce mardi sa démission de son poste de rapporteure de la commission, estimant que les conditions dans lesquelles se déroulent les travaux ne permettent plus de garantir un travail d’enquête « rigoureux et de qualité ».
Créée à la suite des révélations du magazine flamand Pano et de plusieurs enquêtes journalistiques, dont celles publiées par 21 News, la commission est chargée d’examiner des soupçons de mauvaise gestion, de clientélisme et d’ingérences politiques dans l’attribution de logements sociaux au sein du Foyer anderlechtois.
Un rythme de travail jugé intenable
Dans un communiqué diffusé ce mardi, Marie Cruysmans explique que les membres de la commission sont confrontés depuis plusieurs semaines à une charge de travail particulièrement lourde.
La députée évoque des auditions pouvant durer « de 10 à 12 heures par jour », organisées tous les jours de la semaine, y compris le samedi, ainsi qu’une masse importante de documents à analyser et de nouveaux témoignages à examiner. Selon elle, ces conditions rendent impossible la préparation approfondie des auditions et l’analyse des éléments recueillis.
« Les auditions confortent les soupçons autour d’un système où le clientélisme, le contournement des règles d’attribution et l’utilisation de moyens publics à des fins de campagne électorale pourraient ne pas relever d’incidents isolés, mais d’un véritable mode de fonctionnement », affirme la députée dans son communiqué.
Des témoignages « préoccupants »
Marie Cruysmans estime également que plusieurs auditions ont fait émerger des éléments particulièrement inquiétants concernant le climat interne au sein du Foyer anderlechtois.
« Certains témoignages entendus évoquent un climat de terreur et une omerta qui semble entourer le système de gouvernance du Foyer anderlechtois », déclare-t-elle. La députée affirme également que certains témoins lui sont apparus « manifestement bridés dans leurs déclarations », évoquant notamment un accompagnement assuré par l’avocat du Foyer anderlechtois et par une société de coaching mandatée par l’institution.
Selon elle, « les Bruxellois ont droit à toute la vérité » et celle-ci ne pourra émerger qu’à travers « un travail d’enquête sérieux et approfondi ».
La parlementaire estime dès lors qu’il serait « irresponsable » de rédiger et de cosigner un rapport qui ne pourrait être établi avec toute la rigueur nécessaire. Elle précise avoir déjà exprimé à plusieurs reprises ses inquiétudes concernant la méthode de travail adoptée par la commission, sans obtenir de modification de son fonctionnement.
Les Engagés maintiennent leur soutien à la commission
Dans son communiqué, le groupe Les Engagés insiste toutefois sur le fait que cette démission ne remet pas en cause la nécessité de poursuivre les investigations sur le Foyer anderlechtois.
Le parti affirme au contraire vouloir défendre « les conditions indispensables à un travail d’enquête sérieux, indépendant et incontestable ».
Les Engagés soulignent également la nécessité de distinguer les travaux de la commission parlementaire de l’action du gouvernement bruxellois. La cheffe de groupe Gladys Kazadi rappelle que la Région bruxelloise doit simultanément faire face à plusieurs défis majeurs, notamment en matière budgétaire, économique, sociale et de logement.
« Le gouvernement doit pouvoir maintenir le cap et poursuivre son action dans le cadre de sa déclaration de politique régionale, sans être interféré dans son bon fonctionnement par les travaux de la commission d’enquête », déclare-t-elle.
Cette démission intervient alors que la commission poursuit ses auditions et que plusieurs témoins doivent encore être entendus dans les prochaines semaines. Les conclusions de l’enquête sont attendues dans un climat politique particulièrement tendu autour de ce dossier, devenu l’un des plus sensibles de la législature bruxelloise.