L’IA se rêve en révolution numérique. Elle pourrait buter sur un vieux problème : l’électricité
L’intelligence artificielle promet de transformer l’économie européenne. Mais derrière les algorithmes, les assistants conversationnels et les “clouds” souverains, une réalité très matérielle s’impose : il faudra énormément d’électricité, disponible en continu, au bon endroit et à un prix supportable.
Publié par A.G.
Résumé de l'article
L’IA promet une révolution numérique, mais ses infrastructures exigent une quantité massive d’électricité stable et disponible.
En Belgique, les data centers pourraient passer de 3 TWh aujourd’hui à 7-15,5 TWh en 2035, mettant le réseau sous tension.
La souveraineté numérique européenne (et belge) dépendra donc aussi, très concrètement, de sa souveraineté électrique.
Sommaire
- Le réveil brutal de l’Europe
- Le vrai obstacle : le réseau autant que la production
- La Belgique en première ligne
- Elia tire la sonnette d’alarme
- Google investit, mais l’électricité ne tombe pas du ciel
- L’IA, révélateur des contradictions européennes
- Le numérique redevient matériel
- L’Europe ne manque pas seulement de champions numériques
Pour la Belgique comme pour l’Europe, l’IA pourrait ainsi se heurter moins à un déficit d’idées qu’à un déficit d’électrons.
On présente volontiers l’intelligence artificielle comme une révolution immatérielle. C’est oublier qu’elle repose sur des infrastructures très physiques : des data centers, des puces, des systèmes de refroidissement, des réseaux et surtout une alimentation électrique massive, stable et continue.
La question n’est donc plus seulement de savoir si l’Europe développera ses propres modèles d’IA ou si elle restera dépendante des géants américains et chinois. Elle est aussi de savoir si elle pourra alimenter les infrastructures nécessaires à cette ambition.
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