Coupe du monde : la proposition d'Infantino fait du football un simple produit marketing. Ça suffit. (Edito)
Une polémique est en train de monter après que des fuites sur une privatisation partielle de la Coupe de Monde ont été révélées par différents médias. Le Président actuel de la Fifa, déjà fortement critiqué durant le Mondial, doit subir une nouvelle levée de boucliers.
Publié par J.PE
Le football mondial est-il en train de franchir une ligne rouge ?
Selon les révélations du Times, le président de la FIFA, Gianni Infantino, aurait proposé près de 35 millions d'euros à chacune des 211 fédérations membres afin qu'elles soutiennent son projet de céder une partie des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés. En parallèle, les fédérations auraient été averties qu'un refus pourrait leur faire perdre jusqu'à 75 % des revenus qu'elles pourraient espérer.
Quelles que soient les justifications avancées, le signal envoyé est préoccupant. La Coupe du monde n'est pas une entreprise cotée en Bourse. C'est l'événement sportif le plus suivi de la planète, un patrimoine collectif qui dépasse largement les intérêts financiers.
Depuis plusieurs années, le football semble prisonnier d'une fuite en avant. Plus de compétitions, plus de matchs, plus de droits télévisés, plus de sponsors, plus de revenus. Chaque décision paraît désormais guidée par une seule question : combien cela peut-il rapporter ?
Cette logique finit par transformer le football en simple produit marketing
Les supporters, eux, ne demandent pas davantage de montages financiers. Ils veulent des émotions, des exploits, des rivalités historiques et des compétitions crédibles. Ils veulent croire que ce sport appartient encore à ceux qui le regardent, le pratiquent et le font vivre, et non uniquement à ceux qui savent en maximiser la rentabilité.
Personne ne conteste que la FIFA ait besoin de ressources pour développer le football dans le monde. Mais lorsque la recherche de profits devient la priorité absolue, le risque est immense : celui de voir l'intérêt économique prendre définitivement le pas sur l'intérêt sportif.
Aujourd'hui, il est question des droits commerciaux de la Coupe du monde. Demain, jusqu'où ira cette logique ? Les investisseurs auront-ils leur mot à dire sur le calendrier, les formats de compétition ou le choix des pays organisateurs ? À force de considérer le football comme un actif financier, on finit par oublier qu'il s'agit avant tout d'un sport.
L'histoire du football s'est construite grâce aux joueurs, aux bénévoles, aux éducateurs et à des millions de supporters passionnés. Pas grâce aux fonds d'investissement.
Le football est un patrimoine populaire. Il mérite mieux qu'une valorisation financière permanente.
Parce qu'à vouloir tout vendre, on finit parfois par vendre l'essentiel : l'âme du jeu.
Ça suffit.