Cuba court à la perdition : tourisme en chute libre, coupures géantes et retour au charbon
Cuba traverse l’une des pires crises de son histoire récente. Le tourisme s’effondre, le carburant manque, l’électricité disparaît pendant 20 heures par jour et des millions de Cubains reviennent au charbon et au bois pour cuisiner. Cuba replonge dans une logique de survie.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Cuba traverse une crise majeure : tourisme en chute libre, pénuries de carburant, coupures d’électricité géantes et retour du charbon plongent l’île dans une spirale inquiétante.
Pendant des décennies, Cuba a vendu au monde une image presque intemporelle : vieilles voitures américaines glissant devant les façades coloniales de La Havane, plages turquoise, musique dans les rues et promesse d’un ailleurs figé hors du temps. Aujourd’hui, derrière cette carte postale, l’île traverse une crise d’une ampleur rarement observée depuis la disparition de l’Union soviétique. Le tourisme, pilier essentiel de l’économie cubaine, s’effondre.
Les pénuries d’énergie paralysent le pays. Dans certaines villes, les habitants vivent désormais jusqu’à vingt heures par jour sans électricité. Le gaz manque tellement que des familles entières recommencent à cuisiner au charbon ou au bois. Pour beaucoup de Cubains, il ne s’agit plus d’améliorer leurs conditions de vie. Il s’agit simplement de tenir.
Le tourisme s’écroule
Les chiffres donnent la mesure du choc. Selon les données cubaines relayées par le Wall Street Journal, Cuba n’a accueilli qu’environ 298.000 visiteurs internationaux au premier trimestre 2026, soit une chute de 48 % sur un an. En mars, pourtant traditionnellement l’un des mois les plus dynamiques pour le secteur, moins de 36.000 touristes étrangers sont arrivés sur l’île.
Le contraste avec la décennie précédente est spectaculaire. Entre 2017 et 2018, au moment où le rapprochement diplomatique engagé sous Barack Obama nourrissait un nouvel élan touristique, Cuba accueillait en moyenne près de 400.000 visiteurs internationaux… chaque mois.
L’effondrement frappe directement un secteur qui représentait environ 8 % de l’économie cubaine et faisait vivre des centaines de milliers de personnes. « Je ne pensais pas que cela tomberait aussi vite et aussi fort », explique au WSJ Sarah Foda, responsable locale d’un voyagiste suisse implanté depuis dix ans sur l’île. Son entreprise accueillait autrefois des milliers de visiteurs chaque mois. Elle n’en reçoit aujourd’hui plus qu’une poignée.
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