Défense : le centre de gravité militaire de l'Europe bascule vers l'Est
Douze ans après l'annexion de la Crimée, les pays d'Europe centrale et orientale apparaissent comme les principaux moteurs du réarmement européen. À l'inverse, le Royaume-Uni, la France ou encore l'Allemagne sont aujourd'hui critiqués pour avoir trop longtemps sous-investi dans leurs capacités militaires.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
La Pologne, les États baltes et plusieurs pays d'Europe centrale ont fortement accru leurs dépenses militaires depuis 2014. À l'inverse, les grandes puissances d'Europe occidentale sont accusées d'avoir tardé à adapter leur effort de défense face au retour de la menace russe.
L'annexion de la Crimée par la Russie en 2014 devait marquer le réveil stratégique de l'Europe. Douze ans plus tard, le bilan apparaît contrasté. Si la plupart des membres de l'Otan ont considérablement renforcé leurs dépenses militaires, l'effort n'a pas été uniforme. Selon les données du SIPRI, ce sont désormais les pays d'Europe centrale et orientale qui portent l'essentiel du réarmement européen, tandis que plusieurs grandes puissances occidentales accusent un retard croissant.
Les voisins de la Russie ont pris la menace au sérieux
Les chiffres illustrent un basculement spectaculaire. Depuis 2014, la Pologne a augmenté ses dépenses militaires de 352 %, la Hongrie de 313 %, le Danemark de 268 % et la Roumanie de 261 %. Les États baltes affichent eux aussi une progression remarquable : la Lettonie et la Lituanie ont multiplié leurs investissements de près de sept fois, faisant passer leur effort de défense de moins d'1 % à plus de 3 % de leur PIB.
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