Droits de douane américains : ce nouvel outil va permettre aux entreprises belges d'y voir plus clair
Face aux incertitudes entourant la politique commerciale américaine, le gouvernement fédéral lance deux nouveaux outils destinés à aider les entreprises belges à suivre l'évolution des droits de douane et leurs conséquences sur les échanges avec les États-Unis.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Le SPF Économie centralise désormais les informations sur les droits de douane entre la Belgique et les États-Unis.
- Un nouvel outil analysera tous les six mois l'évolution des échanges commerciaux entre les deux pays.
- Les exportations belges vers les États-Unis ont reculé en 2025, notamment dans l'automobile et les métaux.
Face aux incertitudes qui entourent la politique commerciale américaine, le gouvernement fédéral met en place de nouveaux outils destinés à aider les entreprises belges à mieux comprendre l'évolution des droits de douane et leurs conséquences sur les échanges économiques avec les États-Unis.
Le ministre de l'Économie David Clarinval (MR) et la ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME Eléonore Simonet (MR) ont annoncé ce jeudi la mise en ligne de deux nouveaux dispositifs sur le site du SPF Économie : une plateforme centralisant les informations relatives aux tarifs douaniers et un outil de monitoring des échanges commerciaux entre la Belgique et les États-Unis.
Un partenaire commercial majeur pour la Belgique
Les États-Unis restent l'un des principaux partenaires commerciaux de la Belgique. Ils occupent actuellement la quatrième place tant pour les exportations belges que pour les importations.
Dans un contexte marqué par les tensions commerciales internationales, les changements fréquents de politique tarifaire de l'administration américaine et les nombreuses mesures protectionnistes adoptées ces dernières années, les autorités belges souhaitent offrir davantage de visibilité aux entreprises.
Le SPF Économie met ainsi à disposition une série d'informations pratiques, notamment via l'outil européen Access2Markets, qui permet aux exportateurs de vérifier les droits de douane applicables à leurs produits sur le marché américain.
Un monitoring actualisé tous les six mois
En parallèle, un nouvel outil de suivi analysera régulièrement l'évolution des échanges commerciaux entre les deux pays.
Ce monitoring doit permettre de suivre les exportations, les importations et la balance commerciale entre la Belgique et les États-Unis, mais aussi d'identifier les secteurs les plus touchés par les évolutions tarifaires.
Le premier rapport publié par le SPF Économie dresse déjà plusieurs constats marquants concernant l'année 2025.
Des exportations belges en recul
Selon les données analysées, les exportations belges vers les États-Unis ont poursuivi leur baisse en 2025.
Parmi les secteurs les plus touchés figurent l'industrie pharmaceutique, dont les exportations ont reculé de 3,9 %, le secteur automobile (-22 %) ainsi que les métaux communs comme l'acier, le fer, le cuivre ou l'aluminium (-30,3 %).
À l'inverse, certains secteurs ont enregistré une progression, notamment l'industrie chimique et les industries alimentaires. Ces hausses n'ont toutefois pas suffi à compenser le recul observé dans d'autres branches importantes de l'économie belge.
Le SPF Économie souligne que les secteurs soumis à des surtaxes élevées, comme l'automobile ou les métaux, figurent précisément parmi ceux qui ont connu les plus fortes diminutions d'exportations vers le marché américain.
Des importations américaines en forte hausse dans certains secteurs
Du côté des importations, la tendance est inverse.
La Belgique a notamment importé davantage de produits pharmaceutiques américains en 2025 (+62,4 %), mais aussi davantage de métaux communs (+72 %) et de produits agricoles (+67,8 %).
Certaines catégories ont toutefois enregistré des baisses, notamment dans l'industrie chimique, le secteur automobile ou encore les machines et équipements.
Un excédent commercial toujours positif
Malgré le recul des exportations et l'augmentation des importations, la Belgique conserve un excédent commercial vis-à-vis des États-Unis.
Le secteur pharmaceutique reste au cœur des échanges entre les deux pays, même si le rapport note un ralentissement des exportations belges dans ce domaine tandis que les importations américaines progressent fortement.
Le SPF Économie relève également qu'une partie du recul observé ne concerne pas uniquement le marché américain. Les exportations belges diminuent également vers d'autres régions du monde, signe d'une tendance plus globale affectant le commerce international.
« Donner de la visibilité aux entreprises »
Pour David Clarinval, ces nouveaux outils doivent avant tout permettre aux entreprises de mieux anticiper les évolutions du marché américain.
« Les États-Unis et la Belgique ont toujours entretenu d'excellentes relations transatlantiques et commerciales. Aujourd'hui, celles-ci évoluent dans un contexte marqué par des divergences stratégiques et économiques qui génèrent davantage d'incertitudes », souligne le ministre de l'Économie.
« Nos entreprises ont besoin de visibilité pour prendre leurs décisions d'investissement, d'exportation et de développement aux États-Unis. Si nous ne pouvons pas maîtriser les décisions unilatérales prises par l'administration américaine, notre responsabilité est d'accompagner au mieux nos entreprises avec ce type d'outils », ajoute-t-il.
Même objectif du côté de la ministre des PME, Eléonore Simonet.
« Des informations claires, objectives et centralisées sur l'évolution des tarifs douaniers permettent à nos PME et indépendants d'évaluer les risques comme les opportunités, et ainsi d'être mieux protégés contre des politiques commerciales volatiles », explique-t-elle.
« C'est tout le sens de notre action : donner à nos entreprises les moyens de choisir librement leurs partenaires et de renforcer leur résilience », conclut la ministre.