Édouard Philippe annonce les retraites par capitalisation et que les Français vont travailler plus longtemps
Invité du 20 heures de France 2, Édouard Philippe a confirmé qu'il proposerait de repousser l'âge légal de départ à la retraite à 67 ans s'il était élu. L'ancien Premier ministre défend également un développement de la retraite par capitalisation, qu'il juge indispensable face au vieillissement de la population.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Édouard Philippe assume une réforme des retraites plus ambitieuse encore que celle d'Emmanuel Macron. Le président d'Horizons plaide pour un départ à 67 ans, un développement de la capitalisation et une hausse du taux d'emploi.
Édouard Philippe franchit un nouveau cap dans le débat sur les retraites. Invité du journal de 20 heures de France 2, l'ancien Premier ministre a confirmé qu'il proposerait, s'il accède à l'Élysée, de repousser progressivement l'âge de départ à la retraite à 67 ans, estimant que la France ne pourra pas échapper à une nouvelle réforme face au vieillissement de sa population.
« Si nous voulons nous en sortir, nous allons devoir faire comme tous les autres pays d'Europe. Ça veut dire 67 ans », a-t-il déclaré à Léa Salamé.
🔴🗣️ "Nous allons devoir travailler un peu plus longtemps." affirme Édouard Philippe, candidat à l’élection présidentielle, à propos des retraites ? "Notre démographie ne nous permet pas de continuer comme ça." #JT20h pic.twitter.com/t5yvy3R8hd
— Le20h-France Télévisions (@le20hfrancetele) July 7, 2026
« Nous allons devoir travailler un peu plus longtemps »
Pour le président d'Horizons, la question n'est plus idéologique mais démographique. Selon lui, la baisse du nombre d'actifs par rapport au nombre de retraités rend le système actuel de plus en plus difficile à financer. Il estime que la France devra, comme de nombreux pays européens, augmenter la durée d'activité.
« Nous allons devoir travailler un peu plus longtemps », a-t-il affirmé.
L'ancien chef du gouvernement précise toutefois que cette évolution ne devrait pas s'appliquer de manière uniforme à tous les salariés.
Des départs différenciés selon la pénibilité
Édouard Philippe plaide pour une prise en compte plus importante de la nature des métiers exercés. Il oppose notamment les professions essentiellement intellectuelles aux métiers physiquement exigeants.
« Ce n'est pas la même chose d'être ici dans ce studio que de poser des filets toute la journée en Bretagne dans un métier infiniment plus difficile », a-t-il expliqué.
Selon lui, il est possible de construire un système plus équitable permettant des départs différents selon la pénibilité réelle du travail.
L'ancien Premier ministre a également indiqué qu'il appliquerait cette règle à lui-même. « Moi, par exemple, je partirai à 67 ans », a-t-il assuré.
Un système de retraite reposant aussi sur la capitalisation
L'autre évolution majeure proposée par Édouard Philippe concerne le financement même des retraites. En complément du système actuel par répartition, il souhaite instaurer un véritable dispositif de capitalisation.
« Nous allons mettre en place d'un système de capitalisation qui permettra à tous les Français de bénéficier de la valorisation du capital », a-t-il déclaré.
L'objectif serait de permettre aux actifs de constituer progressivement une épargne investie sur les marchés financiers afin de compléter leur pension de retraite, à l'image de mécanismes déjà largement développés dans plusieurs pays européens.
Une réponse au défi démographique
Pour Édouard Philippe, ces réformes découlent d'une réalité que la France ne peut plus ignorer. « Notre démographie ne nous permet pas de continuer comme ça », a-t-il résumé.
Au-delà du report de l'âge de départ, il estime que le pays devra également augmenter son taux d'emploi, aussi bien chez les jeunes que chez les seniors.
Avec cette prise de position, Édouard Philippe assume une ligne plus réformatrice encore que celle portée par Emmanuel Macron lors de la réforme relevant progressivement l'âge légal à 64 ans. À moins d'un an de l'élection présidentielle, il fait du financement des retraites l'un des axes centraux de son projet économique, en défendant à la fois un allongement de la durée de travail et une place accrue de la capitalisation dans le système français.