En Belgique, une majorité de ménages reçoit plus de l’État qu’elle ne paie d’impôts : un système intenable ?
Environ 47 % seulement des ménages belges verseraient davantage à l’État qu’ils n’en reçoivent. Ce chiffre ne signifie pas que la majorité « vit aux crochets » de la collectivité. Il révèle toutefois la fragilité d’un modèle social qui repose sur une base contributive étroite, alors que la population vieillit et que les déficits se creusent.
Publié par Nicolas de Pape
Résumé de l'article
En Belgique, seuls 47 % des ménages seraient des contributeurs nets aux finances publiques, un chiffre qui ne désigne pas une majorité d’« assistés », mais souligne la fragilité d’un État-providence confronté au vieillissement, au faible taux d’emploi, aux déficits et à la nécessité d’élargir sa base contributive pour éviter davantage d’impôts, de dette ou une réduction des prestations.
Le chiffre frappe autant qu’il interroge. Et il est largement méconnu.
Dans une tribune publiée par La Libre, le fiscaliste Emmanuel Degrève (Deg & Partners) revient sur une analyse du Financial Times. Celle-ci s’appuie sur une étude des économistes Michael Christl et Monika Köppl-Turyna, parue en 2025 dans la revue Kyklos.
Selon leurs calculs, environ 47 % des ménages belges sont des contributeurs nets. Une majorité reçoit donc davantage de la collectivité qu’elle ne lui verse. La Belgique ne constitue pas une exception. Dans les pays européens étudiés, la proportion de contributeurs nets varie généralement entre 40 et 57 %.
Ce résultat ne condamne pas l’État-providence. Il pose néanmoins une question essentielle : combien de temps ce modèle peut-il tenir si le nombre de personnes qui le financent progresse moins vite que celui de ses bénéficiaires ?
Ce que mesure réellement le chiffre de 47 %
L’étude ne compare pas seulement l’impôt sur le revenu aux allocations sociales. À l’aide du modèle européen EUROMOD, les chercheurs additionnent les impôts directs, les cotisations sociales, la TVA et les accises. Ils placent en face les transferts monétaires ainsi que la valeur estimée de l’enseignement et des soins de santé.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter