Foyer Anderlechtois : le MR et Les Engagés demandent le retrait de Lotfi Mostefa (PS)
Après les révélations de l’émission Pano et de 21 News sur le Foyer anderlechtois, le MR et Les Engagés réclament un retrait temporaire de Lotfi Mostefa. Les partenaires du PS à Anderlecht dénoncent des soupçons « d’une extrême gravité ».
Publié par Demetrio Scagliola
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Résumé de l'article
- Les Engagés Bruxelles demandent un « pas de côté » de Lotfi Mostefa.
- Yvan Verougstraete réclame la suspension de ses attributions durant l’enquête.
- Georges-Louis Bouchez dénonce « un système » dans le logement social.
- L’affaire fragilise la majorité PS-MR-Engagés à Anderlecht.
L’affaire du Foyer Anderlechtois continue de provoquer de vives réactions politiques à Bruxelles. Après les révélations du magazine d’investigation de la VRT Pano et de 21 News concernant de possibles interventions politiques dans l’attribution de logements sociaux et de nombreuses autres dysfonctionnements, plusieurs responsables politiques bruxellois réclament désormais que l’échevin anderlechtois et président du Foyer Anderlechtois, Lotfi Mostefa, se mette temporairement en retrait de ses fonctions liées au logement.
Fait politique notable: les critiques viennent désormais aussi des partenaires de majorité du PS à Anderlecht. Tant Yvan Verougstraete (Les Engagés) que Georges-Louis Bouchez (MR), dont les partis gouvernent avec les socialistes dans la commune bruxelloise, demandent des mesures fortes après les révélations.
Les députés Engagés demandent un « pas de côté »
Dans une réaction conjointe, les députés bruxellois des Engagés Gladys Kazadi et Victor Wiard évoquent des faits « sérieux » qui nécessitent des clarifications rapides. « Les révélations de l’émission PANO concernant de possibles interventions de mandataires locaux dans l’attribution de logements sociaux au Foyer Anderlechtois soulèvent des questions sérieuses », écrivent-ils.
Les deux responsables rappellent qu’« il existe des règles strictes au sein des SISP et de la SLRB pour garantir l’équité, la transparence et la régularité des attributions de logements sociaux ».
Ils insistent également sur la nécessité de « préserver la confiance des citoyens dans nos institutions » et demandent qu’« toute la lumière » soit faite sur ce dossier.
S’ils rappellent que Lotfi Mostefa bénéficie « évidemment de la présomption d’innocence », ils estiment néanmoins qu’« afin de permettre que toute la transparence soit faite sur ce dossier », celui-ci devrait « faire un pas de côté de ses attributions (Foyer Anderlechtois et logement communal) le temps que les clarifications nécessaires soient apportées ».
Yvan Verougstraete réclame une suspension des attributions
Le ton est encore monté d’un cran avec la réaction du président des Engagés, Yvan Verougstraete, publiée sur le réseau social X. « Les soupçons qui pèsent sur le Foyer Anderlechtois sont d’une extrême gravité. Toute la lumière doit être faite sur cette affaire », affirme-t-il.
Le président des centristes estime que « les logements sociaux ne peuvent jamais devenir un instrument de clientélisme politique » et dénonce toute forme de favoritisme dans l’utilisation des ressources publiques. « Aucune complaisance avec ceux qui utiliseraient l’argent public pour favoriser des proches ou bâtir une clientèle électorale », écrit-il encore.
Là aussi, le président des Engagés rappelle que « la présomption d’innocence doit évidemment être pleinement respectée » et qu’« il appartiendra à l’enquête d’établir les faits ».
Mais il estime que, « précisément pour garantir la sérénité des investigations et le bon fonctionnement des institutions », Les Engagés demandent « le temps de l’enquête, la suspension des attributions de Lofti Mostefa ».
Georges-Louis Bouchez dénonce « un système »
Du côté du MR, Georges-Louis Bouchez a lui aussi vivement réagi sur X, en faisant le parallèle avec d’autres affaires touchant le logement social en Wallonie. « Après de nouveaux scandales à la Sambrienne, société de logements sociaux à Charleroi, la ville du président du PS (...), voici le Foyer Anderlechtois », écrit-il.
Le président libéral dénonce « les mêmes méthodes » et accuse certains responsables politiques « d’instrumentaliser les personnes précarisées à des fins électorales ». « Ici, ce n’est pas un cas isolé mais bien un système et un mode de fonctionnement régulier », affirme encore le président du MR.
Dans son message, Georges-Louis Bouchez critique également ce qu’il considère comme un manque de couverture médiatique du dossier dans certains médias francophones traditionnels.
Le président du MR réclame enfin des mesures radicales : « Des démissions sont indispensables. Ainsi qu’une dissolution des sociétés concernées pour recommencer à zéro de façon enfin saine. »
Une affaire qui fragilise la majorité anderlechtoise et régionale
Ces prises de position successives accentuent la pression politique autour du dossier du Foyer Anderlechtois. Elles fragilisent également la majorité communale à Anderlecht, où PS, MR et Les Engagés gouvernent ensemble.
On peut aussi se demander quelles seront les répercussions au niveau de la majorité régionale bruxelloise, où les trois mêmes partis forment la coalition francophone de l'exécutif. François De Smet, député et ancien président de Défi, se pose la même question dans une réaction sur le réseau X. Tout en condamnant les comportements révélés au Foyer Anderlechtois, il doute que la gouvernance dans les logements publics soient améliorée à Bruxelles sous cette législature. "C'est aussi l'occasion de rappeler que rien ne changera dans la politique du logement bruxellois sous le gouvernement Dilliès, puisque le MR a choisi de la laisser entièrement au PS, sans les réformes nécessaires qui mettraient fin à ce clientélisme", affirme-t-il.