Trafic de chevaux en Europe : deux suspects placés sous mandat d’arrêt en Belgique
Une vaste enquête européenne vise un trafic de viande de cheval impropre à la consommation. Foodwatch réclame davantage de contrôles et une meilleure traçabilité des animaux.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Une enquête menée dans quatre pays vise un trafic de chevaux exclus de la consommation humaine. Deux suspects ont été placés sous mandat d’arrêt en Belgique. Foodwatch réclame plus de contrôles, un meilleur échange des données et davantage de transparence.
Une fraude à la viande de cheval mobilise les autorités de quatre pays européens. Le réseau aurait introduit dans la filière alimentaire des animaux exclus de la consommation humaine.
Les enquêteurs ont mené 24 perquisitions en Belgique, en France, en Irlande et aux Pays-Bas. Plus de 200 policiers et agents spécialisés ont participé aux opérations. Europol a soutenu cette vaste enquête internationale.
Plus de 1.000 chevaux contrôlés
Les autorités ont contrôlé plus de 1.000 chevaux au cours de l’opération. Elles ont également saisi un nombre important d’animaux. Le bilan précis des saisies n’a pas encore été communiqué.
Le trafic concernait des chevaux ayant reçu certains traitements médicamenteux. Ceux-ci ne pouvaient donc pas rejoindre légalement la filière destinée à la consommation humaine. Les suspects auraient contourné cette interdiction afin de les présenter comme des chevaux de boucherie.
L’enquête porte notamment sur la traçabilité et l’identité des animaux. Chaque cheval dispose normalement de documents qui renseignent son statut sanitaire. Ces informations doivent permettre d’écarter de la chaîne alimentaire les animaux qui présentent un risque.
Trois personnes ont été interpellées en Belgique. La police judiciaire fédérale de Flandre orientale a procédé à ces arrestations. La justice a ensuite placé deux suspects sous mandat d’arrêt.
Foodwatch dénonce les failles du système
Foodwatch réclame désormais un «électrochoc politique». L’organisation estime que la fraude alimentaire souffre d’un manque persistant de moyens et de volonté politique.
L’ONG établit un parallèle avec le scandale des lasagnes à la viande de cheval de 2013. Cette affaire avait révélé la présence de viande chevaline dans des produits vendus comme contenant uniquement du bœuf. Elle avait aussi exposé les faiblesses de la traçabilité européenne.
Selon Foodwatch, les fraudeurs profitent toujours des mêmes failles. L’organisation pointe le manque de contrôleurs et les difficultés d’échange entre les bases de données nationales. Elle dénonce également l’absence d’informations accessibles aux consommateurs.
Foodwatch demande aux États membres d’ouvrir leurs bases nationales sur l’identité des chevaux. Une meilleure circulation des données permettrait de suivre les animaux au-delà des frontières. Elle compliquerait aussi la falsification de leur parcours sanitaire.
L’organisation réclame enfin plus de moyens pour les contrôles sanitaires et les enquêtes sur les fraudes alimentaires. Elle exige également davantage de transparence sur les produits concernés.
À ce stade, les autorités n’ont pas précisé si de la viande issue de ce trafic avait atteint les consommateurs.