Incendies dans le Var : le préfet demande aux associations de retirer leurs recours contre le débroussaillement obligatoire
Alors que le Var reste particulièrement exposé aux incendies, le préfet Simon Babre appelle les associations contestant les règles de débroussaillement devant la justice à retirer leurs recours. L’État rappelle des chiffres spectaculaires sur l’efficacité de ces mesures.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Incendies dans le Var : le préfet demande aux associations de retirer leurs recours contre le débroussaillement obligatoire.
Au lendemain de nouveaux incendies dans le Var, le préfet du département hausse le ton. Lors d’un échange avec des agriculteurs touchés par le feu du Gros Bessillon, Simon Babre a lancé un appel « solennel » aux associations qui contestent devant le tribunal administratif l’arrêté encadrant les obligations légales de débroussaillement (OLD).
« Je leur demande solennellement de les retirer afin que nous puissions travailler sereinement », a déclaré le représentant de l’État, selon Var-Matin.
En cause : l’arrêté préfectoral du 26 septembre 2025, qui précise les conditions dans lesquelles les propriétaires doivent réduire la végétation autour des habitations situées à proximité des bois, forêts, maquis et garrigues. Hors zone urbaine, l'obligation porte généralement sur un rayon de 50 mètres autour des constructions.
Des chiffres particulièrement parlants
Pour la préfecture et les pompiers du Var, il ne s'agit pas d'une contrainte administrative accessoire mais d'un dispositif essentiel de protection des habitations.
Le retour d'expérience du gigantesque incendie de Gonfaron d'août 2021 est particulièrement frappant. D'après les données publiées par la préfecture, sept maisons sur dix situées sur des terrains correctement débroussaillés n'avaient subi aucun dégât et moins d'une sur dix avait connu des dommages intérieurs.
Sur les terrains qui n'avaient pas été débroussaillés, le constat était pratiquement inverse : neuf maisons sur dix avaient subi des dégâts intérieurs.
Le principe est simple : retirer les broussailles et herbes sèches, espacer certaines végétations, élaguer les branches basses et rompre la continuité du combustible permet de réduire l'intensité du feu autour des bâtiments et facilite le travail des pompiers.
Un département constitué à 76 % d'espaces combustibles
La question est particulièrement sensible dans le Var. Avec 67 % de sa superficie couverte de forêts et quelque 68.000 hectares de landes, 76 % du territoire départemental est constitué d'espaces combustibles. Toutes les communes sont exposées au risque de feu de forêt et, selon la préfecture, neuf départs de feu sur dix sont liés à l'activité humaine.
Les règles adoptées en 2025 prévoient pourtant plusieurs aménagements destinés à préserver la biodiversité : maintien possible d'arbres remarquables, de groupes d'arbustes ou d'îlots de végétation, protection de certaines espèces patrimoniales ou encore débroussaillement progressif pour permettre à la faune de gagner une zone refuge.
Pour Simon Babre, le moment n'est donc plus à la contestation du principe. Alors que les incendies se multiplient et que la saison des feux s'allonge, le préfet considère que les obligations restent « insuffisamment mises en œuvre ». Son message aux associations est désormais explicite : retirez vos recours et laissez appliquer un dispositif dont, assure l'État, les retours d'expérience démontrent l'efficacité.