Indexation des salaires : 39 % des PME prévoient de moins recruter
L’indexation des salaires devrait atteindre 4,17 % en janvier 2027 pour la CP 200. Une hausse qui préoccupe les PME : 39 % disent prévoir de moins recruter et 14 % anticipent davantage de licenciements, selon SD Worx.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- L’indexation de la CP 200 est désormais estimée à 4,17 % en janvier 2027.
- 39 % des PME interrogées disent prévoir de moins recruter en raison de l’évolution des coûts salariaux ; 14 % anticipent davantage de licenciements.
- 31 % des PME interrogées s’intéressent à la rémunération variable pour mieux maîtriser leurs coûts.
Pour des centaines de milliers d’employés belges, le début de l'année 2027 devrait s'accompagner d'une nouvelle hausse sensible du salaire. Après la publication des derniers chiffres de l’inflation par Statbel, SD Worx a revu sa prévision d’indexation des salaires pour la commission paritaire 200 (CP 200) à 4,17 % en janvier prochain.
La CP 200 est la plus importante commission paritaire du pays pour les employés et couvre de nombreuses entreprises ne relevant pas d'une commission sectorielle spécifique.
Pour les travailleurs concernés, cette indexation signifie une adaptation du salaire à l'évolution des prix. Pour les employeurs, elle entraîne parallèlement une augmentation de la masse salariale. Et selon une enquête réalisée par SD Worx auprès de 413 PME belges, cette perspective pèse déjà sur certaines décisions en matière d'emploi.
39 % des PME interrogées disent vouloir moins recruter
L'indexation est suivie avec attention par les chefs d'entreprise : 57 % des PME interrogées déclarent surveiller de près l’inflation et les prévisions d’indexation salariale.
Surtout, 39 % affirment qu'elles recruteront moins au cours du quatrième trimestre 2026 en raison de l’évolution des coûts salariaux.
L’enquête fait également apparaître un possible impact sur l'emploi existant. 14 % des PME interrogées s’attendent à davantage de licenciements pour cette raison. Cette proportion atteint 24 %, soit près d'une entreprise sur quatre, parmi celles qui emploient principalement des ouvriers.
Ces résultats doivent cependant être lus comme des intentions déclarées par les entreprises interrogées, et non comme le constat d'une baisse effective des recrutements ou d'une augmentation déjà observée des licenciements.
« Les PME réagissent à la hausse des coûts salariaux en réduisant d’abord leurs recrutements. Mais pour une PME sur sept, cette évolution peut déjà entraîner davantage de licenciements », commente Georges Verleyen, directeur PME chez SD Worx.
« Il est donc primordial pour les employeurs d’avoir une vision claire de ce qui les attend. L’indexation prévue de 4,17 % dans la CP 200 montre très concrètement à quel point le coût du personnel peut augmenter. Cette hausse pèse directement sur la marge de manœuvre pour recruter et garder des collaborateurs », poursuit-il.
Toutes les PME ne connaissent pas précisément leur coût salarial
L'étude de SD Worx s'est également intéressée à la connaissance qu'ont les dirigeants du coût réel de leur personnel.
62 % des PME interrogées affirment disposer à tout moment d’une vue sur leur coût salarial total, qui englobe notamment les salaires bruts, le pécule de vacances, les cotisations sociales et les avantages extralégaux. À l’inverse, 17 % reconnaissent ne pas disposer de cette visibilité.
Lorsque l'on élargit le calcul au coût total de l'emploi, la situation est similaire. Celui-ci comprend également les dépenses indirectes, comme la formation, le recrutement ou encore l’aménagement du lieu de travail.
61 % des PME disent connaître ce coût global. Une entreprise sur cinq reconnaît en revanche ne pas en avoir à tout moment une vue d'ensemble.
La rémunération variable comme alternative
Face à l'augmentation des coûts salariaux, certaines PME cherchent également à adapter leurs politiques de rémunération.
Selon l'enquête, 31 % s'intéressent à la rémunération variable, dont le montant peut être adapté à la situation financière de l'entreprise.
Par ailleurs, 36 % privilégient des mécanismes permettant au travailleur de conserver une part nette plus importante de l'enveloppe accordée, comme la prime bénéficiaire ou le bonus salarial prévu par la CCT n° 90, plutôt qu'une prime individuelle classique.
« La hausse des coûts salariaux ne signifie pas que les PME n’ont plus la possibilité d’accorder une rémunération supplémentaire à leurs collaborateurs », souligne Georges Verleyen.
« La rémunération variable permet de mieux adapter cette rémunération aux moyens financiers de l’entreprise. Les employeurs des PME cherchent des moyens de faire en sorte que le budget disponible profite autant que possible au travailleur. Ils tentent ainsi de concilier la capacité financière de l’entreprise et le pouvoir d’achat des collaborateurs. »
D'autres secteurs indexés dès le 1er novembre
La chimie (CP 116 et 207), le commerce de détail indépendant (CP 201), les moyennes entreprises alimentaires (CP 202.01) et les grands magasins (CP 312) appliqueront une indexation de 2 %. Pour les employés du commerce de détail alimentaire (CP 202), l'augmentation sera de 1 %, après une précédente indexation de 1 % en juillet.
La prochaine échéance particulièrement scrutée sera toutefois celle de janvier, avec la CP 200 et son indexation actuellement estimée à 4,17 %. Cette estimation reste susceptible d'évoluer en fonction des prochains chiffres de l'inflation.
Les résultats avancés par SD Worx proviennent de sa 66e enquête trimestrielle auprès des PME. Elle a été réalisée du 10 au 25 septembre 2026 auprès de 413 entreprises belges comptant moins de 250 travailleurs.
Les résultats ont été pondérés selon la taille des entreprises et leur localisation géographique. SD Worx indique une marge d'erreur de 4,8 % avec un niveau de confiance de 95 %.