Les jeunes socialistes belges choisissent LFI : « Moins radicale que Mitterrand », selon leur coprésident
Les jeunes socialistes belges ont voté leur soutien à La France insoumise pour la présidentielle française de 2027, rapporte Le Soir. Leur coprésident Jean Kitenge juge le mouvement de Jean-Luc Mélenchon moins radical que François Mitterrand. Une décision qui suscite la colère des Jeunes MR bruxellois.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Les jeunes socialistes belges soutiennent LFI pour 2027. Jean Kitenge juge le mouvement moins radical que Mitterrand. Les Jeunes MR dénoncent ce choix.
Alors que le Parti socialiste belge hésite encore sur le candidat qu'il soutiendra lors de la prochaine élection présidentielle française, sa jeunesse militante semble avoir tranché. Selon une information publiée jeudi par Le Soir, les jeunes socialistes belges ont décidé de soutenir La France insoumise. Une décision prise après un vote et un passage en assemblée générale.
Ce choix intervient alors que Raphaël Glucksmann, président de Place publique, a remporté la primaire de la gauche en vue du scrutin de mai 2027. Une orientation sociale-démocrate qui ne semble manifestement pas convaincre les jeunes socialistes belges.
« La seule alternative crédible à gauche »
Interrogé par Le Soir, Jean Kitenge, coprésident des jeunes socialistes, justifie ce soutien sans ambiguïté. « Pour nous, il s'agit de la seule alternative crédible à gauche à ce stade », affirme-t-il. Il considère que les Insoumis sont les seuls à proposer une véritable alternative politique ambitieuse au service du bien commun.
Mais c'est surtout sa comparaison historique qui retient l'attention : selon lui, l'offre politique de LFI serait « bien moins radicale que Mitterrand en son temps ». Une appréciation qui tranche avec les critiques régulièrement adressées à Jean-Luc Mélenchon, dont les positions et les déclarations ont suscité de nombreuses controverses, y compris au sein de la gauche française.
Du côté du PS belge, aucune décision n'a encore été arrêtée. Selon Le Soir, le parti de Paul Magnette souhaite notamment prendre connaissance du programme de Raphaël Glucksmann avant de se prononcer.
Les socialistes belges regrettent également que la primaire n'ait pas été élargie à l'ensemble de la gauche française, à l'exception de LFI. Leur choix devrait aussi répondre à un objectif électoral : soutenir le projet qu'ils jugeront le plus susceptible de faire barrage à l'extrême droite.
Les Jeunes MR dénoncent une « radicalisation politique »
La décision des jeunes socialistes a immédiatement suscité une vive réaction du côté libéral. Sur X, Stéphane Gurbuz, président des Jeunes MR bruxellois, s'est indigné de ce rapprochement avec La France insoumise. « C'est juste consternant », écrit-il, avant de dénoncer « une nouvelle étape dans une radicalisation politique à gauche de plus en plus inquiétante ».
C’est juste consternant. Les Jeunes Socialistes annoncent leur soutien à La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Une nouvelle étape dans une radicalisation politique à gauche de plus en plus inquiétante.
— Stéphane Gurbuz (@SGurbuz__) October 29, 2026
Rappelons de quel mouvement on parle : Mélenchon a refusé de qualifier… pic.twitter.com/NUICI8PvmV
Pour étayer sa critique, il rappelle plusieurs controverses ayant entouré le mouvement de Jean-Luc Mélenchon.
Il cite notamment le refus de ce dernier de qualifier les massacres du 7 octobre 2023 d'actes terroristes, les propos de Danièle Obono présentant le Hamas comme un mouvement de résistance, ainsi que la réintégration d'Adrien Quatennens après sa condamnation pour violences conjugales.
Stéphane Gurbuz évoque également la procédure judiciaire visant l'eurodéputée Rima Hassan pour apologie du terrorisme.
Ces différents épisodes sont invoqués par le responsable libéral pour dénoncer la ligne politique de LFI. Ils ne permettent cependant pas d'attribuer automatiquement les mêmes positions aux jeunes socialistes belges.
Une rupture entre les jeunesses politiques ?
Le président des Jeunes MR bruxellois rappelle également que les Jeunes Socialistes auraient précédemment refusé une discussion avec son organisation, au motif que les deux mouvements ne partageraient pas les mêmes valeurs. « Aujourd'hui, ils affichent leur proximité assumée avec LFI », déplore-t-il.
Il estime que cette décision confirme un éloignement progressif de la social-démocratie traditionnelle et rapproche les Jeunes Socialistes d'organisations telles qu'Ecolo J et Comac, mouvement de jeunesse lié au PTB. Stéphane Gurbuz accuse même ces formations de se rapprocher d'une gauche « radicale et antisémite », une qualification qui relève de son appréciation politique.
Au-delà de la polémique, cette prise de position illustre les divergences qui traversent la gauche francophone, en France comme en Belgique. Alors que le PS belge temporise, les jeunes socialistes ont choisi de privilégier l'offre politique de Jean-Luc Mélenchon. Un choix qui pourrait alimenter les débats internes à la famille socialiste à l'approche de la présidentielle française.