Terrorisme : quand une partie de la gauche refuse d’interdire les profils à risque (carte blanche)
Dans cette carte blanche, Marcela Gori, vice-présidente du CPAS d’Anderlecht, réagit avec fermeté au vote de plusieurs partis de gauche qui se sont opposés à l’interdiction à vie du territoire belge pour les individus liés au terrorisme, à l’extrémisme violent et aux prêcheurs de haine.
Publié par Contribution Externe
Résumé de l'article
La Chambre a adopté l’interdiction à vie du territoire belge pour les profils liés au terrorisme. Le PS, le PTB, Ecolo, Groen et DéFI ont voté contre. Un choix qui interroge sur la capacité d’une partie de la gauche à affronter les réalités sécuritaires.
Vous avez vu, la Chambre a adopté une mesure simple : interdire à vie l’entrée sur le territoire belge aux profils liés au terrorisme, aux extrémistes violents, aux prêcheurs de haine ? Et vous savez quoi ? Le PS, le PTB, Ecolo, Groen et DéFI ont voté contre cette mesure. C’est littéralement sidérant.
Une mesure de bon sens rejetée
Je pense que la grande majorité des Belges comprend instinctivement qu’il s’agit d’une mesure de protection élémentaire pour notre pays, pour nos valeurs et pour notre démocratie. Une mesure qui relève du bon sens. Une mesure qui consiste simplement à dire qu’il existe des limites et que certaines menaces ne peuvent plus être tolérées.
Ce vote d’une partie de la gauche n’est pas anodin. Il révèle quelque chose de plus profond : une partie de la gauche est aveuglée idéologiquement. Elle n’est plus dans la nuance ou la prudence. Elle a une difficulté persistante à regarder la réalité telle qu’elle est, et à en tirer des conséquences claires.
Il y a là une forme de déconnexion. Et cette déconnexion ne se limite pas aux discours. Elle se traduit aussi dans les actes.
Des alliances contre-nature
Partout en Europe, on observe des dérives similaires. En Roumanie, par exemple, une partie de la gauche n’hésite plus à adopter des stratégies ambiguës, voire à composer indirectement avec des forces radicales, lorsqu’il s’agit de conserver une position politique. Ces alliances, même ponctuelles, brouillent les repères et fragilisent la cohérence démocratique.
Récemment encore, au Parlement fédéral, le PS, Ecolo, le PTB et DéFI ont utilisé une procédure parlementaire… avec le soutien du Vlaams Belang, pour bloquer des réformes du gouvernement Arizona. Oui, vous avez bien lu. Les mêmes partis qui expliquent en permanence qu’il existe un cordon sanitaire infranchissable n’hésitent plus, dans les faits, à s’appuyer sur les voix de l’extrême droite lorsqu’il s’agit de bloquer un texte.
Certains diront qu’il ne s’agit que d’un mécanisme technique, d’un simple usage du règlement. Peut-être. Mais en politique, les actes comptent autant que les intentions. Et surtout, ils envoient un signal. Car on ne peut pas, d’un côté, se poser en donneur de leçons permanent, expliquer qui est fréquentable et qui ne l’est pas… et de l’autre, accepter des convergences de vote avec ceux que l’on prétend combattre. Ce double discours fragilise la crédibilité politique. Il brouille les repères. Et il alimente une forme de malaise démocratique : celui où les principes affichés deviennent variables selon les intérêts du moment.
Le cas Oussama Atar, un avertissement tragique
Est-ce que vous vous souvenez de Oussama Attar ? Pour rappel, il a été détenu en Irak en 2012. Très rapidement, des politiques du PS et d’Ecolo se sont mobilisées pour « sauver » ce prisonnier présenté comme une victime. Il est finalement rapatrié en Belgique au nom de principes humanitaires et du respect des droits fondamentaux.
La suite est connue. Après son retour, Oussama Atar disparaît progressivement des radars, quitte le territoire et rejoint les rangs de l’État islamique en Syrie. Il devient ensuite une figure centrale des réseaux djihadistes belges et est aujourd’hui considéré comme l’un des coordinateurs des Attentats de Bruxelles de 2016.
Voilà la réalité. Elle ne se relativise pas. Elle ne se contourne pas. Elle s’impose.
La réalité des attentats ne se relativise pas
Nous venons justement de commémorer ces attentats de Zaventem et de Maelbeek qui ont fait 32 morts. Depuis, d’autres attaques ont frappé notre territoire. Moins meurtrières parfois, mais toujours aussi choquantes. En octobre 2023, deux Suédois ont été assassinés en plein cœur de Bruxelles par un terroriste. Un policier a également perdu la vie dans l’exercice de ses fonctions.
Face à cela, dire que certains profils n’ont plus leur place sur notre territoire n’a donc rien d’excessif. C’est une ligne de bon sens. Une ligne de protection. Une ligne que tout État responsable devrait être capable d’assumer sans ambiguïté.
Et pourtant, une partie de la gauche continue de réagir comme si la fermeté était suspecte, comme si l’État devait en permanence s’excuser de vouloir se défendre, comme si poser des limites claires devenait en soi problématique, comme si la protection des citoyens devait toujours être tempérée, discutée, relativisée.
Refuser une interdiction à vie pour des profils liés au terrorisme, ce n’est pas défendre des principes, c’est refuser d’en tirer les conséquences, c’est refuser d’assumer ce que la réalité impose.
Il y a là une forme de déconnexion. Une difficulté à nommer les menaces pour ce qu’elles sont. Une hésitation permanente à affirmer des évidences simples. Comme si, à force de vouloir tout expliquer, on finissait par ne plus oser décider.
Une posture morale à double tranchant
Et puis il y a cette posture morale, devenue presque un réflexe d’une certaine partie de la classe politique belge. Celle qui consiste à expliquer en permanence aux autres ce qu’il faut penser, ce qu’il faut dire, ce qu’il serait acceptable ou non de défendre. Celle qui distribue les bons et les mauvais points, qui soupçonne, qui juge, qui disqualifie. Celle qui sait où sont les bons (à gauche) et où sont les mauvais (à droite), sans aucune nuance.
À mes yeux, les choses sont claires : si protéger ses citoyens devient un sujet de débat, alors le problème n’est plus la menace… mais ceux qui refusent d’y répondre.