Iran : Amnesty accuse le régime islamique de « crimes contre l’humanité »
Amnesty International accuse les autorités iraniennes d’avoir organisé une répression systématique contre le mouvement « Femme, vie, liberté » en 2022.
Publié par A.G.
Résumé de l'article
En documentant les tirs dans la foule, les exécutions à bout portant, la torture, les viols et les disparitions forcées de 2022, Amnesty décrit un appareil répressif piloté au sommet de la République islamique, dont l’impunité aurait permis les massacres de janvier 2026, évalués de plusieurs milliers à plus de 30.000 morts selon des sources encore impossibles à départager.
Meurtres, torture, viols, disparitions forcées et persécution de minorités auraient été mis en œuvre jusque dans les plus hauts niveaux de l’État. L’ONG estime que cette impunité a ouvert la voie aux massacres, bien plus meurtriers encore, de janvier 2026.
Le rapport de plus de 1.000 pages, publié mercredi à l’occasion du quatrième anniversaire de la mort de Mahsa Amini, repose sur 270 témoignages, plus de 2.000 vidéos et de nombreux documents officiels ou judiciaires. Amnesty conclut que la République islamique a mené une « attaque généralisée et systématique » contre une population civile qui réclamait davantage de libertés et la fin du régime théocratique.
Tirs dans la foule et exécutions à bout portant
Selon Amnesty International, les Gardiens de la révolution, la police et les miliciens du Bassidj ont tiré à balles réelles et à la chevrotine métallique sur des rassemblements, poursuivi des manifestants en fuite et abattu à bout portant des personnes non armées.
Des documents ayant fuité font état d’ordres exigeant une réponse « ferme et sévère ». Une instruction demandait même aux forces de sécurité de « répondre sans pitié et d’aller jusqu’à provoquer la mort ».
Amnesty a documenté la mort de 377 manifestants et passants, dont 56 enfants. Ce chiffre correspond aux cas que l’organisation a pu établir individuellement et ne constitue donc pas nécessairement le bilan complet de la répression. D’autres organisations de défense des droits humains ont avancé un bilan d’environ 550 morts pour le mouvement de 2022.
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