« Je vais te tuer, je vais t’égorger » : à 8 ans, un élève roue une institutrice de coups
À Évry-Courcouronnes, une institutrice affirme avoir été jetée au sol, frappée et menacée de mort par un élève de 8 ans qu’elle venait d’empêcher d’agresser une camarade. Après sept jours d’incapacité de travail, elle dénonce l’absence de sanction et des violences qui ne seraient pas nouvelles.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
À Évry-Courcouronnes, une institutrice affirme avoir été rouée de coups et menacée d’égorgement par un élève de 8 ans. Après sept jours d’incapacité de travail, elle et ses collègues dénoncent l’absence de sanction et réclament des mesures d’urgence.
« Je vais te tuer, je vais t'égorger. » La menace aurait été accompagnée du geste. Dans une école primaire d'Évry-Courcouronnes, dans l'Essonne, une institutrice affirme avoir été violemment agressée par un élève âgé de seulement 8 ans. Projetée au sol puis frappée à plusieurs reprises, elle s'est vu prescrire sept jours d'incapacité totale de travail.
Les faits se sont produits le 11 septembre à l'école Jacques-Tati, pendant une récréation. Carole, l'enseignante agressée, surveillait la cour lorsqu'elle a aperçu le garçon s'en prendre à une autre élève. « Elle avait le menton et le genou en sang », raconte-t-elle.
L'institutrice intervient alors pour mettre fin à l'agression. Elle demande à l'enfant de présenter ses excuses et lui annonce que son comportement sera signalé à la direction. C'est à ce moment que la situation dégénère.
« Je vais te tuer, je vais t'égorger »
« Il s'est mis à me crier dessus : “Je vais te tuer, je vais t'égorger”, en faisant le geste », rapporte l'enseignante.
Le garçon se serait ensuite jeté sur elle. Carole affirme avoir été projetée au sol avant de recevoir une succession de coups de poing, de genou et d'épaule. Une deuxième institutrice intervient pour tenter de lui porter secours : elle reçoit à son tour plusieurs coups de pied.
Il faudra finalement l'intervention d'une troisième enseignante pour parvenir à maîtriser l'enfant.
L'agression laisse Carole profondément marquée. Elle est placée en arrêt maladie pendant une semaine et se voit prescrire sept jours d'incapacité totale de travail. Elle est retournée enseigner à l'école, mais estime que la réponse apportée à l'incident n'est pas à la hauteur de sa gravité.
« Un tel geste ne peut pas rester impuni »
Selon l'enseignante, les parents de l'élève ont été convoqués mais aucune sanction disciplinaire n'a été prononcée contre l'enfant. « Un tel geste ne peut pas rester impuni », déplore-t-elle.
L'affaire provoque d'autant plus de colère au sein de l'équipe éducative que l'agression du 11 septembre ne constituerait pas un incident isolé. Plusieurs enseignantes rapportent avoir déjà subi des violences impliquant le même élève.
Isoline, une collègue de Carole, affirme notamment avoir été plaquée au sol et tirée par les cheveux. Une autre institutrice, Marion, avait déjà porté plainte en juin après avoir reçu un coup de pied.
« Soit il tape des élèves, soit il tape des enseignants, soit il saute le portail », résume cette dernière.
Face à l'accumulation des incidents et à l'agression de leur collègue, des membres de l'équipe éducative ont décidé de réclamer des mesures d'urgence.
La municipalité évoque un manque de moyens
L'affaire soulève aussi la question de la capacité de l'école à prendre en charge certains enfants présentant d'importantes difficultés comportementales.
La municipalité d'Évry-Courcouronnes reconnaît un manque de moyens humains. « Il n'y a pas assez de personnel pour accompagner tous ces enfants », explique Medhy Zeghouf, premier adjoint au maire chargé de l'éducation.
De son côté, l'académie de Versailles affirme avoir mis en place un « accompagnement renforcé » dans l'établissement. Une psychologue et une conseillère pédagogique ont notamment été envoyées sur place. Des recrutements d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) seraient également en cours.
Ces annonces ne répondent toutefois pas complètement aux inquiétudes des enseignantes, qui demandent à la fois une meilleure prise en charge de l'enfant et une protection effective du personnel et des autres élèves.
« On ne peut pas laisser des profs se faire taper dessus », insiste Carole. Au-delà de la violence exceptionnelle rapportée pour un enfant de cet âge, c'est donc l'absence de réponse jugée suffisante après plusieurs incidents qui cristallise désormais la colère de l'équipe éducative.