La fusion Belfius-Ethias déjà enterrée ? Bouchez dément : « La Wallonie est ouverte »
Le projet de rapprochement entre Belfius et Ethias serait-il déjà compromis ? Selon L’Echo et De Tijd, la Flandre et la Wallonie ne veulent pas vendre leurs participations dans Ethias. Mais Georges-Louis Bouchez conteste cette lecture et assure que la porte reste ouverte côté wallon.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- La Flandre et la Wallonie auraient indiqué à Jan Jambon ne pas vouloir vendre, à ce stade, leurs participations dans Ethias.
- Georges-Louis Bouchez dément que la Wallonie ait fermé la porte et affirme qu’elle reste ouverte à un rapprochement.
- Un scénario fédéral resterait possible, alors que la procédure de vente de maximum 20 % de Belfius est déjà engagée.
Le projet de rapprochement entre Belfius et Ethias serait-il déjà enterré ? Selon L’Echo et De Tijd, les gouvernements flamand et wallon ont fait savoir au ministre fédéral des Finances Jan Jambon (N-VA) qu’ils ne souhaitaient pas vendre leurs participations dans Ethias. Une interprétation que conteste Georges-Louis Bouchez : le président du MR assure que, du côté wallon, la porte reste ouverte.
Le dossier du rapprochement entre Belfius et Ethias connaît un nouveau rebondissement. Selon les informations publiées par L’Echo et De Tijd, les Régions flamande et wallonne ne souhaitent pas, à ce stade, céder leurs participations dans l’assureur. Une position qui compliquerait sérieusement le scénario d’une fusion entre les deux groupes tel qu’il est évoqué depuis plusieurs mois.
Ethias appartient actuellement à trois grands actionnaires publics : l’État fédéral, la Wallonie et la Flandre détiennent chacun 31,66 % du capital. Les 5 % restants sont aux mains d’EthiasCo, qui rassemble des pouvoirs locaux. Belfius est, de son côté, détenue à 100 % par l’État fédéral.
La Flandre et la Wallonie réticentes
À la demande du gouvernement fédéral, le ministre des Finances Jan Jambon (N-VA) a sondé les différents actionnaires d’Ethias. Il a notamment rencontré le ministre-président flamand Matthias Diependaele (N-VA), son homologue wallon Adrien Dolimont (MR) et le ministre wallon de l’Économie Pierre-Yves Jeholet (MR).
Selon L’Echo et De Tijd, la Flandre a confirmé qu’elle ne voyait actuellement « aucune valeur ajoutée » à une vente de ses actions. Plus surprenant politiquement, les représentants du gouvernement wallon auraient également indiqué ne pas souhaiter céder leur participation.
Une source citée par les deux quotidiens évoque l’absence d’urgence : si une vente devait intervenir, elle devrait être adossée à « un véritable projet » et se faire au prix le plus intéressant possible.
Cette prudence n'est toutefois pas entièrement nouvelle. Cet été déjà, le gouvernement wallon présentait Ethias comme « un actif stratégique pour la Wallonie » et indiquait n'avoir donné aucun accord, explicite ou implicite, à son intégration dans Belfius.
Bouchez conteste l'interprétation
Mais Georges-Louis Bouchez livre une autre lecture de la position wallonne. Sur X, le président du MR a démenti que la Wallonie ait fermé la porte au projet.
Contrairement à ce qu’indique @lecho, la #Wallonie a marqué son accord à un rapprochement entre Belfius et Ethias via les parts fédérales. C’est l’objectif fixé dès le départ par le @MR_officiel dans l’intérêt du Pays, de son économie et de ses habitants. Nous allons donc avancer…
— Georges-L BOUCHEZ (@GLBouchez) September 10, 2026
Selon lui, la Région wallonne s’est dite ouverte à la proposition sans pour autant être demandeuse. Surtout, elle ne s’opposerait pas à ce que l’État fédéral cède sa propre participation dans Ethias.
Cette nuance est importante. Le scénario initialement évoqué consistait notamment en un échange d’actions : les pouvoirs publics apporteraient leurs participations dans Ethias à Belfius et recevraient en contrepartie des actions de la banque. Mais pour Bouchez, l'opération pourrait également avancer sans que la Wallonie vende ses propres titres.
« Le MR n’a jamais demandé de vendre 100 % », affirme-t-il en substance, estimant qu’un « swap fédéral » reste possible.
Deux dossiers qui pourraient être dissociés
Depuis plusieurs mois, Georges-Louis Bouchez défend l’idée d’un rapprochement entre Belfius et Ethias. En juillet, il estimait qu’une fusion était « nécessaire pour l’économie belge », jugeant qu’un rapprochement permettrait de réaliser des économies d’échelle et de renforcer la compétitivité d’un grand acteur belge de la bancassurance.
Le dossier est étroitement lié à celui de l’ouverture du capital de Belfius. Mais le ministre des Finances avait déjà indiqué cet été qu'une éventuelle fusion ne précéderait pas la vente partielle de Belfius.
Le refus éventuel des Régions de vendre leurs propres participations dans Ethias ne signifierait donc pas nécessairement la fin de toute opération. Il rend en revanche beaucoup plus difficile un rapprochement global impliquant simultanément tous les actionnaires publics.
La prochaine étape se jouera au niveau fédéral. Le kern doit examiner les offres non contraignantes reçues pour la vente d’une partie du capital de Belfius. La question sera ensuite de savoir si cette opération avancera seule ou si le scénario d’un rapprochement avec Ethias restera sur la table.