La thérapie de choc de Javier Milei produits des résultats spectaculaires. Douze millions de personnes ont quitté la pauvreté
Un peu plus de deux ans après son arrivée au pouvoir, Javier Milei revendique des résultats spectaculaires. Inflation en net recul, retour de l’excédent budgétaire, rebond de la croissance et forte baisse de la pauvreté : la thérapie de choc du président argentin bouleverse les certitudes économiques et relance le débat sur l’efficacité des cures d’austérité radicales.
Publié par J.PE
Résumé de l'article
— Javier Milei a imposé une austérité d’une rare brutalité, avec coupes budgétaires, licenciements massifs et réduction du rôle de l’État.
— Malgré ce choc, plusieurs indicateurs se redressent nettement : croissance retrouvée, inflation en forte baisse, excédent primaire et recul marqué de la pauvreté.
— L’expérience argentine devient ainsi un test grandeur nature pour les adversaires des politiques de rupture, dont plusieurs s’étaient trompés sur l’issue immédiate du pari Milei.
Depuis son arrivée au pouvoir, Javier Milei impose un tournant radical à l’économie de Argentine. Entre coupes budgétaires massives, réduction de l’État et réformes structurelles brutales, le président libertarien assume une stratégie de rupture totale avec des décennies d’interventionnisme. Et contre toute attente, les premiers indicateurs économiques semblent lui donner raison. Dès les premiers mois, le chef de l’État a frappé fort : plus de 30.000 fonctionnaires licenciés, fermeture d’agences publiques, et réduction drastique des transferts fédéraux aux provinces, amputés de 76 %. Les subventions sur les services essentiels — gaz, électricité, eau et transports — ont été largement supprimées, provoquant une hausse immédiate du coût de la vie pour les Argentins.
Mais c’est sur le terrain des retraites et des dépenses sociales que les décisions ont été les plus controversées. Le gouvernement a opposé son veto à une revalorisation votée par le Congrès, entraînant une baisse réelle de plus de 17 % en 2024. Dans le même temps, les aides sociales ont été redéployées, avec un recentrage assumé vers les prestations familiales ciblant les ménages les plus pauvres.
Une austérité qui paie ?
Ce qui ressemblait à une « thérapie de choc » commence pourtant à produire des effets macroéconomiques tangibles. Après une contraction de 1,7 % en 2024, le PIB réel argentin a rebondi de 4,4 % en 2025. Plus frappant encore, l’inflation — fléau chronique du pays — est tombée à 31,5 %, avec une projection à 15 % en 2026. Sur le front social, les résultats surprennent également. Selon les données relayées par UNICEF, près de 1,7 million d’enfants sont sortis de la pauvreté. Au total, 12 millions d’Argentins auraient quitté cette situation depuis 2024, faisant reculer le taux de pauvreté de 21 points, à 31,6 % au premier semestre 2025.
Discipline budgétaire retrouvée
La rigueur budgétaire constitue un autre pilier du « modèle Milei ». D’après le Fonds monétaire international, l’Argentine a dégagé un excédent primaire de 1,8 % en 2024 et de 2 % en 2025 — une performance rare dans l’histoire récente du pays. Conséquence directe : l’effondrement du ratio dette publique/PIB, passé de 157 % en 2023 à 75 % fin 2025. Une trajectoire spectaculaire qui contraste fortement avec celle de nombreuses économies occidentales. À titre de comparaison, en France, ce ratio est passé sur la même période de 110 % à 117,4 %, illustrant l’écart croissant entre deux modèles économiques opposés.
Un pari risqué, mais assumé
Aujourd’hui, les premiers résultats viennent nourrir le débat international : faut-il voir dans l’expérience argentine la preuve qu’une cure d’austérité radicale peut relancer durablement une économie en crise ? Si la prudence reste de mise, une chose est certaine : l’Argentine est devenue, en à peine un an, un laboratoire économique scruté de près par le reste du monde. Et ce qui est certain, c'est que Javier Milei a montré que tous les théoriciens comme Thomas Picketty qui avait signé des pétitions en disant que le modèle de Milei allait conduire l'Argentine au désastre se sont totalement trompés.