L'appel de Dallemagne contre Facebook : «Inquiet de ce monde où aucun être humain ne vous répond sauf si vous entamez une démarche judiciaire »
L'ancien député fédéral, Georges Dallemagne pose un coup de gueule contre Facebook. Son compte a été bloqué plusieurs mois et il a dû prendre un avocat pour débloquer la situation.
Publié par J.PE
L’ancien député fédéral des Engagés, Georges Dallemagne a fait un coup de gueule remarqué sur son profil Facebook.
Il y avait de quoi car l’actuel échevin de l’urbanisme et de la mobilité à Woluwe-Saint-Pierre était bloqué sans la moindre raison valable depuis plusieurs mois sans réaction de Meta.
Ainsi il signale : « Et il m’a fallu beaucoup de temps et de patience pour rétablir ce compte. Une véritable dystopie. Plusieurs fois je me suis dit: plus de Facebook? Tant pis ou tant mieux, tout cela prend un temps précieux. Mais je n’acceptais pas d’être effacé, bâillonné pour les combats que je mène. Car le blocage de mon compte a correspondu, - hasard du calendrier? -, à l’interdiction prononcée à mon initiative par la commune de Woluwe Saint Pierre de la projection d’un film de propagande pro russe dans le cinéma de mon quartier. Cette histoire est ahurissante. Je vous la raconte.
Il y a quatre mois je faisais l’objet d’une “suspension de mon compte Facebook pour 72 heures” de la part de Meta, la maison mère de Facebook. Aucune explication, si ce n’est que j’aurais “enfreint les règles de la communauté Facebook”. Ces soi-disant 72 heures de suspension ont en réalité duré 4 mois. Je venais de m’opposer à la projection dans ma commune du film d’un média complotiste pro russe qui justifiait l’invasion de l’Ukraine et traitait les Ukrainiens de nazis. »
Georges Dallemagne pensait que cela allait durer quelques jours et non quelques mois, il raconte : « Au début, malgré l’agacement, - cette “suspension” était inacceptable et aucune raison ne m’était donnée-, je me suis dit: pas grave, “ils” vont bientôt rétablir mon compte. Quelques jours off c’est pas mal. Mais j’avais beau attendre, essayer toutes les procédures de rétablissement que me proposait l’IA de Facebook, introduire des réclamations via mon compte Instagram comme cela m’était proposé, quelques clics plus tard, je recevais invariablement le même message: “compte suspendu pour 72h”. Impossible d’entrer en contact avec un être humain. Au téléphone: une IA avait “noté mon appel “ et raccrochait. Par mail idem: une réponse automatique sans lendemain. Via les autres procédures, pareil. Seule l’IA de Facebook me répondait, et se plantait. Toutes mes tentatives, - 53 en tout! -, ont échoué. Je me faisais pourtant aider par des spécialistes des réseaux sociaux."
Il a donc dû aller lui-même dans les bureaux de la maison mère de la société et prendre un avocat pour faire débloquer les choses. Il signale : « Je me suis alors rendu au siège de META, boulevard du Régent à Bruxelles. Adresse trouvée sur Google. Un grand bâtiment anonyme juste à côté du palais royal et du parlement. Aucune inscription sur la porte, pas de sonnette. Mais Google renseignait que c’était bien l’adresse de META. Je suis entré. A l’accueil, j’ai demandé si j’étais bien à l’adresse de META. Le garde n’a pas répondu et a fait venir un agent de sécurité. J’ai gentiment expliqué ma situation à cet agent: compte bloqué, demande d’aide, souhait de rencontrer un responsable de Facebook. J’étais à la bonne adresse. L’agent m’a fait poliment asseoir puis a disparu pendant un long moment. A son retour il m’a donné un code QR avec une procédure à suivre. Qui n’a pas fonctionné. J’ai insisté: il fallait que je rencontre un responsable, un être humain. Impossible m’a répondu l’agent qui m’a aimablement mais fermement prié de quitter les lieux. J’ai créé un nouveau compte (Georges Dallemagne nouveau) qui a immédiatement été supprimé car “j’usurpais une identité” qui n’était pas la mienne selon le message qui m’était adressé par Facebook.
J’ai dès lors pris un avocat. Qui a dû s’adresser à la maison mère en Irlande, faute d’interlocuteur en Belgique. Après plusieurs lettres de mise en demeure, une avocate de META a enfin contacté mon avocate. Par téléphone. Contrairement à tous les usages. Probablement pour ne pas laisser de trace. C’était il y a six semaines. Depuis, à plusieurs reprises cette avocate de META nous a assuré “que le nécessaire avait été fait” et que mon compte était rétabli. Il suffisait que je suive les instructions données par mail (nous avons dû insister pour avoir une trace écrite) à mon avocate. A chaque fois c’était faux. Le compte restait bloqué. Je devais envoyer les captures d’écran pour démontrer que mon compte restait “suspendu pour 72 heures pour avoir enfreint les règles de Facebook”. Cela a duré un mois et demi. Des échanges de courriels quotidiens. En fait META avait perdu le contrôle de mon compte. Chaque démarche de leur part pour restaurer mon accès échouait. Elle était immédiatement entravée, probablement par un “malware”, un système automatique de blocage. Plusieurs techniciens de META se sont succédés auprès de mon avocate (merci à elle). Je n’étais pas autorisé par META à avoir un accès direct à ces techniciens. »
Il termine par déplorer l’ensemble de l’énergie qu’il a dû déployer pour pouvoir faire avancer son dossier : « Finalement, grâce à la création de nouvelles adresses mails et de procédures compliquées mon compte Facebook a été enfin réouvert aujourd’hui. Sans explication. Je reste abasourdi de voir l’énergie dépensée pour rétablir l’accès à mes données, à vos nouvelles, à mes chroniques, à nos conversations, à mes amis Facebook. Profondément inquiet de ce monde dystopique où aucun être humain ne vous répond sauf si vous entamez une démarche judiciaire à l’autre bout de l’Europe et où Facebook lui-même semble avoir perdu le contrôle de la gestion de mes données. »
Il a annoncé également qu’il rencontrait la ministre fédéral Vanessa Matz dans les prochains jours pour voir comment faire évoluer la législation qui entoure les Gafam.