Après le sketch polémique, Denis Ducarme réclame une commission d’enquête sur sa neutralité et le financement de la RTBF
La polémique autour de la conférence de rentrée de la RTBF prend désormais un tour politique. Après l’annonce d’une plainte commune de plusieurs médias auprès du CDJ, Denis Ducarme (MR) demande au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de se pencher sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public.
Publié par Harrison du Bus
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Résumé de l'article
Après la polémique provoquée par la conférence de rentrée de la RTBF, Denis Ducarme (MR) réclame un débat parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public.
La polémique autour de la conférence de rentrée de la RTBF prend désormais un tour politique. Après l’annonce d’une plainte commune de plusieurs médias auprès du CDJ, Denis Ducarme (MR) demande au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de se pencher sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public.
La séquence « humoristique » de Pierre Scheurette en pleine conférence de presse de la RTBF continue de faire des vagues. Lors de sa conférence de rentrée, la RTBF a diffusé sur Auvio une séquence humoristique de Pierre Scheurette intitulée « 50 personnalités que le MR aurait préférées à Thomas Gadisseux ».
Le montage associait des responsables politiques libéraux à plusieurs journalistes et personnalités des médias, présentés comme autant de choix supposément plus conformes aux préférences du MR. Des journalistes de RTL, La Libre, la DH, LN24, Sudinfo ou encore 21News figuraient notamment dans la séquence.
Mais la liste comprenait également des personnalités d'une tout autre nature, parmi lesquelles Vladimir Poutine et Xavier Dupont de Ligonnès.
Comme nous l'indiquions précédemment, RTL, IPM — notamment La Libre, la DH et LN24 — ainsi que 21News ont décidé de saisir le Conseil de déontologie journalistique (CDJ). Certaines des personnalités visées étudient également d'autres recours. La séquence n'est désormais plus disponible sur Auvio.
Denis Ducarme veut porter le débat devant le Parlement
La polémique dépasse désormais le seul monde médiatique. Denis Ducarme, député et ténor du parti, s'est emparé de l'affaire en interpellant directement la RTBF sur X.
RTBF doit-elle changer de nom ? « TPMP » serait-il plus adapté ? Un peu de neutralité et de réserve y sont-elles devenues impossibles ? Le parlement de la communauté française doit elle, comme en France, instituer une commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et…
— Denis DUCARME (@ducarmedenis) August 28, 2026
« RTBF doit-elle changer de nom ? “TPMP” serait-il plus adapté ? », ironise d'abord l'ancien ministre fédéral, en référence à l'émission de Cyril Hanouna.
Denis Ducarme formule ensuite une réflexion sur la RTBF : « Un peu de neutralité et de réserve y sont-elles devenues impossibles ? »
Et le député va plus loin en évoquant la création d'une commission parlementaire consacrée à l'audiovisuel public : « Le Parlement de la Communauté française doit-il, comme en France, instituer une commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public ? »
« L'enterrement de première classe des valeurs de neutralité »
Sollicité par 21News afin de préciser sa pensée, Denis Ducarme nous explique que sa réaction ne porte justement pas uniquement sur le caractère de bon ou de mauvais goût du sketch.
Il insiste d'abord sur le cadre dans lequel celui-ci a été diffusé : « Après cette conférence de presse de rentrée, car il s'agissait de cela et non d'une nouvelle émission humoristique, il s'agissait donc bien “d'informer”…, il ne fait plus aucun doute pour moi que la RTBF est entrée dans un mode “combat” et que les libéraux et des médias moins marqués à gauche sont la cible. »
Pour l'élu libéral, la séquence ne peut par ailleurs être isolée d'un contentieux plus général avec le service public : « Comment pourrions-nous tirer objectivement d'autres conclusions ? Après ceci et tout le reste. »
Denis Ducarme assure pourtant ne pas remettre en cause le principe même d'un audiovisuel public. Au contraire : « Croyez bien que je le regrette car je crois avec conviction en l'importance de la mission d'information du service public. »
Son jugement sur la conférence de rentrée n'en est que plus sévère : « Cette conférence de presse de rentrée, c'est en définitive l'enterrement de première classe des valeurs de neutralité de l'audiovisuel public. »
L'ancien ministre pose alors directement la question du financement de la RTBF par le contribuable : « Moi comme élu, je ne me sens plus du tout la capacité à expliquer aux contribuables qu'il est normal qu'ils paient une part de leurs impôts pour un tel résultat, une telle dérive. »
D'où sa proposition d'une intervention parlementaire. « Oui, je pense que, comme tous les acteurs de notre société, l'audiovisuel public doit être questionné sur sa neutralité et son fonctionnement », nous explique-t-il.
Et il précise le dispositif qu'il souhaiterait voir envisagé : « Une commission spéciale ou d'enquête me semble le véhicule adapté. Il est temps de poser ce débat de manière objective et sereine. »
Après les rédactions qui saisissent le CDJ, la polémique autour de la conférence de rentrée de la RTBF pourrait donc désormais gagner le terrain parlementaire.