« Le détroit d'Ormuz n'est que la partie simple » : Claude Moniquet sceptique sur la suite des négociations
Invité sur CNews, Claude Moniquet estime que la réouverture du détroit d'Ormuz ne règlera pas le conflit entre Washington et Téhéran. Selon lui, les négociations les plus difficiles restent à venir.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Invité sur CNews, Claude Moniquet estime que la réouverture du détroit d'Ormuz ne règlera pas le conflit entre Washington et Téhéran. Selon lui, les négociations les plus difficiles restent à venir.
Interrogé sur les discussions en cours entre Washington et Téhéran, Claude Moniquet estime que l'accord autour du détroit d'Ormuz ne constitue qu'une première étape.
« Le but, évidemment, c'est un accord global pour mettre fin à l'affrontement entre les États-Unis et l'Iran », explique-t-il.
Selon lui, le compromis sur Ormuz était paradoxalement le volet le plus accessible des négociations. « Le détroit a déjà été assez compliqué, alors que c'était la partie simple de l'accord », résume-t-il.
«Le détroit d'Ormuz, c'était la partie simple des négociations, maintenant il faut entrer dans le dur» s'exprime Claude Moniquet, à la suite du nouvel accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran, dans #LaMatinaleEte
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Le nucléaire reste le principal obstacle
L'ancien spécialiste du renseignement rappelle que les discussions devront désormais aborder les dossiers les plus sensibles.
En premier lieu figure le programme nucléaire iranien, notamment le sort des quelque 450 à 500 kilos d'uranium enrichi dont la localisation demeure incertaine.
À cela s'ajoutent le programme de missiles balistiques de Téhéran ainsi que son soutien aux organisations armées alliées, comme le Hezbollah, le Hamas ou les Houthis au Yémen.
Or, souligne Claude Moniquet, les autorités iraniennes ont déjà indiqué qu'elles n'entendaient pas faire de concessions majeures sur ces questions.
Un accord encore fragile
Même sur le dossier du détroit d'Ormuz, l'ancien agent du renseignement appelle à la prudence.
Si les différentes parties semblent désormais favorables à l'application de l'accord, celui-ci doit encore recevoir l'aval du Guide suprême iranien, ultime détenteur du pouvoir à Téhéran.
Dans ce contexte, Donald Trump a de nouveau adopté un ton particulièrement ferme.
Selon Claude Moniquet, le président américain a averti que deux scénarios restaient possibles : soit le détroit d'Ormuz rouvre rapidement, soit l'Iran s'expose à de nouvelles frappes d'une grande intensité.
« On assiste toujours à la même séquence »
Pour Claude Moniquet, cette nouvelle crise illustre surtout un scénario désormais bien connu au Moyen-Orient.
« C'est un discours qui devient lassant, mais auquel on commence à être très habitué, puisque cela fait des dizaines de fois que l'on assiste à la même séquence dans la région », observe-t-il.
Autrement dit, si la perspective d'une réouverture d'Ormuz constitue un signal encourageant pour les marchés et pour le commerce mondial, elle ne garantit en rien un règlement durable du bras de fer entre Washington et Téhéran. Les dossiers les plus explosifs restent, selon lui, entièrement ouverts.