Le Green Deal au point de rupture ? Six États veulent un assouplissement majeur
D’après une exclusivité du Financial Times, six pays de l’Union européenne réclament davantage de protection pour leurs industries lourdes face aux coûts du système carbone européen. Une nouvelle fronde qui révèle les fissures grandissantes autour du Green Deal, sur fond de crise énergétique, de guerre et de peur de désindustrialisation.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Selon une révélation du Financial Times, six États membres demandent à Bruxelles d’assouplir les coûts carbone imposés à l’industrie lourde européenne.
Le consensus climatique européen commence à montrer de sérieuses fissures. Selon une révélation du Financial Times, six États membres de l’Union européenne ont demandé à Bruxelles de protéger davantage leurs industries lourdes des coûts liés au carbone, estimant que les règles actuelles deviennent difficilement soutenables dans le contexte géopolitique et énergétique actuel. La Pologne, la République tchèque, la Bulgarie, la Roumanie, la Grèce et la Slovaquie réclament notamment davantage de quotas gratuits d’émissions pour leurs secteurs industriels les plus énergivores.
Derrière cette demande technique se cache en réalité un tournant politique beaucoup plus profond : celui du retour brutal du réel industriel dans une Europe qui avait parfois donné l’impression, ces dernières années, de pouvoir mener sa transition climatique indépendamment des contraintes géopolitiques, énergétiques et concurrentielles.
Le système carbone européen sous pression
Au cœur du débat se trouve le fameux système européen d’échange de quotas d’émission (SEQE), pièce maîtresse du Green Deal européen. Son principe est simple : obliger progressivement les entreprises à payer davantage pour leurs émissions de CO₂ afin de rendre la décarbonation économiquement incontournable.
Pendant des années, ce mécanisme a été présenté comme le grand modèle européen de transition écologique. Mais avec la guerre en Ukraine, les tensions au Moyen-Orient, l’explosion des prix de l’énergie et la concurrence chinoise et américaine, plusieurs États commencent désormais à considérer que le coût devient politiquement et industriellement dangereux.
Dans leur lettre, les six pays expliquent que leurs industries sont confrontées à des « prix de l’énergie extraordinairement élevés » et à une pression internationale croissante. Ils demandent donc davantage de permis carbone gratuits pour les secteurs les plus exposés, notamment l’acier, le ciment, le chauffage industriel ou les combustibles lourds. Autrement dit : l’Europe climatique commence à craindre pour sa propre base industrielle.
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