Promenade des Anglais : dix ans après l'attentat de Nice, les blessures restent ouvertes
Le 14 juillet 2016, un camion lancé contre la foule sur la Promenade des Anglais à Nice transforme la fête nationale en tragédie. Dix ans plus tard, cet attentat compte toujours parmi les plus meurtriers commis sur le sol français, avec 86 morts et 458 blessés.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Dix ans après l'attentat du 14 juillet 2016, Nice rendra hommage aux 86 victimes tuées lorsqu'un camion a foncé dans la foule sur la Promenade des Anglais. L'attaque a aussi fait 458 blessés et demeure l'un des attentats les plus meurtriers de l'histoire de France.
Le 14 juillet 2016 marque à jamais l'histoire contemporaine française. Quelques minutes après le feu d'artifice de la fête nationale, un camion de 19 tonnes fonce délibérément dans la foule rassemblée sur la Promenade des Anglais à Nice. Sur près de deux kilomètres, son conducteur cherche à percuter le plus grand nombre de personnes possible. Les policiers mettent finalement fin à son attaque.
Le bilan s'élève à 86 morts et 458 blessés. De nombreux enfants figurent parmi les victimes, tout comme des ressortissants de plusieurs nationalités. En quelques minutes, des centaines de familles basculent dans le drame. Les images de cette nuit marquent durablement l'opinion publique française et internationale.
Le camion Renault Midlum arrêté (visible à l'arrière-plan) sur la promenade des Anglais. Photo Michel Abada - CC BY-SA 4.0
Un auteur rapidement identifié
Les enquêteurs ont rapidement identifié le terroriste comme étant Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. Cet homme est un Tunisien de 31 ans installé à Nice. Connu des services de police pour des faits de droit commun, il n'était pas fiché pour radicalisation avant l'attentat.
Au volant d'un camion de location, il a volontairement pénétré dans la zone piétonne de la Promenade des Anglais vers 22h30. Il a poursuivi sa course meurtrière en zigzaguant afin de heurter le plus grand nombre de personnes. Les policiers ont finalement ouvert le feu et l'ont tué après plusieurs minutes d'attaque.
Quelques jours après les faits, l'État islamique a revendiqué l'attentat par l'intermédiaire de son agence de propagande Amaq. Les enquêteurs ont toutefois conclu que Mohamed Lahouaiej-Bouhlel avait agi sans lien opérationnel direct avec l'organisation terroriste, même s'il s'était radicalisé rapidement avant de passer à l'acte.
Un procès pour établir les complicités
L'auteur de l'attaque ayant été tué sur place, la justice s'est intéressée à son entourage. La cour d'assises spéciale de Paris a jugé l'affaire entre septembre et décembre 2022.
Huit personnes comparaissaient pour association de malfaiteurs terroriste criminelle ou pour des infractions liées à la fourniture d'armes. Les magistrats ont estimé qu'aucun des accusés n'avait participé à la préparation d'un attentat terroriste en connaissance de cause. Plusieurs sont condamnés à des peines allant de deux à dix-huit ans de prison pour leur aide logistique ou pour des infractions liées aux armes et à la criminalité organisée.
Le procès a également permis à des centaines de victimes et de proches de raconter les conséquences durables de cette attaque. Beaucoup souffrent encore de séquelles physiques ou psychologiques dix ans après les faits.
Un attentat qui a marqué durablement la France
L'attentat de Nice est intervenu huit mois après les attaques du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis. Il a conduit les autorités françaises à renforcer encore les dispositifs de sécurité lors des grands rassemblements et des manifestations populaires.
Le gouvernement avait prolongé l'état d'urgence et intensifié les mesures de lutte contre le terrorisme. Depuis lors, la protection des événements accueillant un large public repose notamment sur des barrières anti-intrusion, un renforcement des contrôles et une présence accrue des forces de sécurité.
Chaque 14 juillet, Nice organise des cérémonies de recueillement. Les noms des 86 victimes sont rappelés afin de préserver leur mémoire et de rendre hommage aux secouristes, policiers et citoyens qui sont intervenus cette nuit-là.