Léon XIV à Paris : Tireurs d'élite, portiques high-tech et 1 750 agents : le défi colossal du "Monsieur sécurité" du pape
Assurer l’intégrité physique du souverain pontife et de centaines de milliers de fidèles dans les rues de la capitale représente un défi hors norme. Pour encadrer la visite historique de Léon XIV, le diocèse a fait appel à un expert du secteur privé.
Publié par Loïc Cotteret
Résumé de l'article
Albéric Dumont coordonne un dispositif de sécurité hors norme, mobilisant 1 750 agents privés pour protéger le pape Léon XIV lors de sa visite à Paris.
Le défi principal de cette opération sous haute tension sera de sécuriser la messe géante de 600 000 fidèles prévue place de la Concorde.
Il affiche une sérénité presque surprenante au vu des enjeux.
À 36 ans, Albéric Dumont porte pourtant sur ses épaules une responsabilité vertigineuse : coordonner la protection de l'événement religieux de la décennie.
Dans un entretien exclusif accordé au magazine Le Point, le fondateur du groupe privé Ultreia, directement missionné par l’archevêque de Paris, lève le voile sur ce maillage de l'ombre.
Habituellement chargé de veiller sur des sites sensibles, ce professionnel orchestre aujourd'hui une véritable armée pour sanctuariser les déplacements pontificaux.
Trois cercles hermétiques pour protéger le Saint-Père
Pas de place pour l'improvisation.
La garde de Léon XIV obéit à une architecture millimétrée, répartie en trois anneaux concentriques. La mythique Garde suisse pontificale assure le rempart le plus intime, épaulée de près par le Service de la protection (SDLP) du ministère de l'Intérieur français.
Vient ensuite la muraille dressée par Albéric Dumont. « Nous sécurisons l’ensemble de l’événement et ses périmètres pour s’assurer qu’aucune menace ne puisse pénétrer jusqu’aux cercles intérieurs », détaille-t-il dans les colonnes du Point.
Concrètement, 1 750 agents privés quadrillent le terrain, appuyés par 13 000 bénévoles chargés d'orienter les foules.
Leurs missions vont du filtrage des accès par des portiques ultra-sensibles américains à l'escorte de reliques inestimables, telles que le trésor de Notre-Dame ou la Sainte-Tunique d’Argenteuil.
La Concorde, un choix présidentiel sous haute tension
Si la menace terroriste djihadiste reste au sommet des préoccupations, les organisateurs redoutent également les coups d'éclat militants ou les urgences médicales.
Le point d'orgue de ces sueurs froides ? La messe géante attendue place de la Concorde et sur les Champs-Élysées, réunissant jusqu'à 600 000 personnes.
Ce décor de carte postale, désiré par Emmanuel Macron contre l'avis initial des préfectures qui privilégiaient des espaces ouverts comme Vincennes ou Longchamp, exige une logistique d'équilibriste. « Notre philosophie n’est pas d’imposer des contraintes paralysantes (...), mais d’adapter la technique pour permettre la rencontre la plus fluide possible », insiste le coordinateur auprès du Point.
Le public pourra ainsi apercevoir le pape lors de ses trajets en véhicule surélevé, même si la jauge pharaonique interdira logiquement de l'approcher de trop près.