5 % pour les actionnaires, 58 % pour les salariés : Pascal Perri démonte le procès fait aux grandes entreprises
Les actionnaires des grandes entreprises captent-ils l’essentiel des richesses qu’elles produisent ? Pascal Perri répond par les chiffres de l’AFEP : sur 300 milliards d’euros de valeur ajoutée, 58 % vont au travail, 20 % à l’investissement et 5 % à la rémunération des actionnaires.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Pascal Perri répond à ceux qui accusent les actionnaires de « se gaver » : selon les chiffres de l’AFEP, 58 % de la valeur ajoutée des grandes entreprises va au travail, 20 % à l’investissement et 5 % à la rémunération des actionnaires.
« Les actionnaires se gavent-ils ? » Pascal Perri a décidé de répondre à cette question récurrente dans le débat économique français en mettant en avant les chiffres publiés par l'Association française des entreprises privées (AFEP), qui représente les principales grandes entreprises françaises.
Les actionnaires se gavent-ils ?
— PERRI (@pascalperri) September 25, 2026
Voilà les résultats chiffrés et documentés des entreprises de l'AFEP (Association Fr des grandes entreprises) CAC+ d'autres grandes entreprises:
- 300 Mds de valeur ajoutée produite/an.
- 58% de ces 300 Mds partent en salaires bruts, cotisations…
Et les proportions avancées par l'économiste et chroniqueur sont susceptibles de surprendre ceux qui imaginent que l'essentiel des richesses produites par les grands groupes finit dans la poche de leurs actionnaires.
Selon les données de l'AFEP, les entreprises concernées ont généré environ 300 milliards d'euros de valeur ajoutée en France sur l'année. Sur cette somme, 58 % sont consacrés aux salaires bruts, aux cotisations sociales patronales et à l'épargne salariale. Viennent ensuite les investissements, qui représentent environ 20 % de la valeur ajoutée, soit 59 milliards d'euros. La rémunération des actionnaires, elle, en représenterait 5 %, soit environ 16 milliards d'euros.
« Ne vous laissez pas enfumer »
Pascal Perri accompagne ces chiffres d'un message particulièrement direct. « Bref, ne vous laissez pas enfumer par le bourrage de crâne », écrit-il sur X, avant d'inviter ses lecteurs à « vérifier les chiffres » et à remonter aux sources lorsqu'ils ont un doute.
Le chroniqueur entend ainsi répondre à l'idée selon laquelle les actionnaires capteraient une part démesurée de la richesse créée par les grandes entreprises.
Les données qu'il cite montrent effectivement une répartition très différente. Sur 100 euros de valeur ajoutée produite, 58 euros correspondent, dans la présentation de l'AFEP, aux rémunérations brutes, aux cotisations sociales patronales et à l'épargne salariale. Environ 20 euros sont réinvestis dans l'entreprise et un peu plus de 5 euros servent à rémunérer les actionnaires.
Enfin, quelque 16 % de la valeur ajoutée correspondent aux impôts et taxes acquittés par les entreprises concernées.
96 milliards de prélèvements obligatoires
La présentation mérite toutefois une précision. Une partie importante des prélèvements versés par les entreprises apparaît déjà dans les 58 % affectés au travail, puisque cette catégorie comprend les cotisations sociales patronales.
En tenant compte de celles-ci et de la fiscalité, l'AFEP chiffre à environ 96 milliards d'euros le total des prélèvements obligatoires supportés par les entreprises de son périmètre, soit environ 32 % de leur valeur ajoutée.
Il ne faut donc pas additionner mécaniquement ces 32 % aux autres catégories : une partie est déjà comprise dans les dépenses liées au travail.
Cette pression fiscale constitue précisément l'un des chevaux de bataille actuels de l'AFEP. L'association intervient régulièrement auprès des pouvoirs publics sur les questions fiscales et économiques. Elle a notamment plaidé contre la reconduction de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, en mettant en avant ses conséquences potentielles sur la compétitivité, l'emploi et l'investissement. Cette activité de représentation d'intérêts est déclarée auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.