Lisnard commence à rattraper Édouard Philippe. Attal met la pression pour une primaire : comment le camp Philippe commence à tanguer
David Lisnard monte encore dans les sondages. Une séquence qui met la pression sur Edouard Philippe qui est de plus en plus isolé en refusant la primaire. Gabriel Attal lui aussi insiste pour réaliser une primaire.
Publié par J.PE
Longtemps considéré comme le candidat naturel de la droite et du centre pour 2027, Édouard Philippe voit son avance politique se réduire. David Lisnard progresse dans les enquêtes d’opinion, Gabriel Attal multiplie les initiatives pour imposer une primaire et Bruno Retailleau s’est à son tour rallié à cette perspective. Le maire du Havre reste déterminé à maintenir sa stratégie, mais autour de lui, les certitudes commencent à s’effriter.
Il y a encore quelques mois, Édouard Philippe semblait disposer d’un avantage considérable dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027. Ancien Premier ministre, maire du Havre, président d’Horizons et longtemps présenté comme le successeur naturel d’Emmanuel Macron, il bénéficiait d’une position relativement confortable dans le paysage politique de la droite et du centre. Mais la mécanique semble aujourd’hui moins bien fonctionner.
Depuis plusieurs semaines, les signaux se multiplient. Gabriel Attal pousse ouvertement en faveur d’une primaire des démocrates. Bruno Retailleau, après avoir longtemps entretenu une certaine ambiguïté, s’est désormais déclaré favorable à une consultation au début de l’année 2027. Quant à David Lisnard, qui défend cette idée depuis longtemps, il commence à prendre une place plus importante dans le débat.
Le problème pour Édouard Philippe est simple : il est désormais de plus en plus isolé dans sa stratégie consistant à s’imposer sans passer par une primaire.
Lisnard, une progression qui change la donne
David Lisnard n’est plus simplement le maire de Cannes qui défend une ligne libérale et une primaire ouverte. Le président de Nouvelle Énergie cherche désormais à s’installer comme un véritable acteur de la course à la présidentielle.
Et les chiffres commencent à attirer l’attention. Dans les dernières enquêtes d’opinion, le maire de Cannes affiche une progression sensible. Certaines mesures le situent désormais autour de 7 % des intentions de vote, avec une progression de plusieurs points en quelques mois.
L’écart avec Édouard Philippe demeure, mais la dynamique mérite d’être observée. Dans la dernière enquête Harris Interactive, David Lisnard atteint notamment 9 %, contre 12 % pour Édouard Philippe.
Surtout, le maire de Cannes bénéficie d’une situation politique particulière : il n’est pas prisonnier de l’héritage gouvernemental d’Emmanuel Macron. Il peut ainsi défendre une ligne de rupture avec certaines pratiques du pouvoir actuel. Autre élément à prendre en compte : il semble évoluer dans une dynamique positive, alors que plusieurs autres figures du bloc central connaissent un recul dans les enquêtes d’opinion.
Attal transforme la primaire en instrument de pression
Gabriel Attal a bien compris que le temps ne jouait pas nécessairement en sa faveur. Une compétition ouverte pourrait remettre les compteurs à zéro. Il n’aurait alors plus seulement à démontrer qu’il peut rivaliser avec Édouard Philippe dans les sondages traditionnels : il lui faudrait convaincre un électorat plus large de lui confier la candidature commune.
Cette stratégie présente également un avantage politique. Elle place Édouard Philippe face à un dilemme : accepter la confrontation ou prendre le risque de voir les autres candidats poursuivre leur route séparément.
Hier, Gabriel Attal a de nouveau accentué la pression sur l’ancien Premier ministre : « Il y a des discussions extrêmement nombreuses, extrêmement denses ces dernières heures et ces derniers jours, donc les choses sont en train de se préciser très rapidement pour que la primaire aboutisse rapidement. »
Une manière de montrer que le processus avance et de placer Édouard Philippe face à ses responsabilités.
Ce dernier a déclaré sur TF1 qu’il restait à l’écoute et que, si, d’ici février, il constatait qu’il ne parvenait pas à s’imposer, il en tirerait les conclusions. Mais cette échéance pourrait-elle être remise en cause ? Face à la pression croissante de ses concurrents, le maire du Havre pourrait être contraint d’accepter une primaire avant cette date, notamment si sa cote dans les sondages venait à passer sous la barre des 10 %.
L’argument du vote utile, régulièrement avancé par le camp Philippe pour justifier une candidature unique, risque en effet de perdre de sa force si les enquêtes d’opinion continuent de montrer un recul de l’ancien Premier ministre.
Retailleau rejoint le mouvement : Philippe de plus en plus isolé
Le changement de position de Bruno Retailleau constitue probablement l’un des éléments les plus importants de cette séquence. Le président des Républicains a désormais ouvertement évoqué la nécessité d’une primaire au début de l’année 2027.
Jusqu’ici, Édouard Philippe pouvait compter sur les divisions de ses concurrents pour conserver sa position. Gabriel Attal voulait une primaire, David Lisnard la réclamait, tandis que Bruno Retailleau entretenait davantage de réserves.
Désormais, les trois autres principales candidatures convergent au moins sur un point : la nécessité de trouver une méthode pour départager les prétendants.
La pression n’est donc plus seulement médiatique. Elle commence à prendre une véritable dimension politique et organisationnelle. Pour Édouard Philippe, l’enjeu est désormais de savoir combien de temps il pourra encore maintenir sa stratégie sans risquer de se retrouver marginalisé dans les discussions sur la désignation du candidat commun.