« Mort à Israël », « Un flic, une balle » : l’ULB siffle la fin de l’occupation et fait évacuer le bâtiment P1
« Mort à Israël », « Un flic, une balle » : les inscriptions de l’ULB ont fini par provoquer l'évacuation des locaux de l'université qui étaient bloqués depuis plusieurs semaines par des courants d'extrême-gauche. La rectrice a fait procéder à l'évacuation par la police.
Publié par J.PE
Après plus de deux semaines d’occupation et plusieurs jours de tensions, l’Université libre de Bruxelles (ULB) a décidé de reprendre le contrôle de son bâtiment P1, sur le campus du Solbosch. Ce samedi matin, la police est intervenue avec l’autorisation de la justice pour mettre fin à l’occupation. Une décision qui intervient après la découverte de nombreux graffitis haineux et de slogans appelant explicitement à la violence.
Ce samedi 7 novembre au matin, la police a procédé à l’évacuation des derniers occupants du bâtiment, mettant ainsi un terme à une occupation entamée le 22 octobre dernier par des étudiants et des militants issus de courants d’extrême gauche.
L’information a été confirmée par l’ULB à l’agence Belga. Les occupants ont également annoncé la fin de l’occupation sur leurs réseaux sociaux.
Mais cette occupation avait rapidement pris une autre dimension. Les murs du bâtiment étaient recouverts de nombreuses inscriptions, parmi lesquelles des slogans particulièrement explicites : « Mort à Israël », « Mort au roi » ou encore « Un flic, une balle ». Ces inscriptions avaient été filmées par Miguel Urdiain, membre du MR, dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux et qui avait suscité de nombreuses réactions indignées.
Si vous voulez comprendre ce qui se passe avec l'occupation du batiment P1 de l'ULB, regardez cette vidéo. pic.twitter.com/dUHRhvYggk
— Miguel Urdiain (@Miguel_Urdiain) October 29, 2026
Des slogans qui avaient déjà suscité l’indignation
Comme 21News l'avait révélé dans un précédent article, le slogan « Mort à Israël » avait notamment suscité l'indignation de l'ambassadeur d'Israël, David Saranga. De son côté, Thierry Belin, représentant syndical de la police, avait réclamé l'ouverture d'une enquête judiciaire concernant les inscriptions visant les policiers.
Au-delà de la contestation politique, ces messages soulevaient une question fondamentale : jusqu'où une université peut-elle tolérer de tels slogans dans ses propres bâtiments ? La direction de l'ULB a finalement décidé de mettre un terme à la situation.
La rectrice dénonce des « limites fondamentales » franchies
La rectrice Annemie Schaus n'a pas caché sa fermeté après l'évacuation.
« Des limites fondamentales ont été franchies. Le vandalisme, l’intrusion dans des bureaux individuels et l’entrave aux activités universitaires sont inacceptables », a-t-elle déclaré à Belga.
Elle insiste particulièrement sur la nature des inscriptions découvertes dans le bâtiment P1 : « Plus graves encore sont les nombreuses inscriptions haineuses et les appels explicites à la violence qui recouvrent les murs du bâtiment P1. »
La rectrice a également condamné ces messages avec la plus grande fermeté.
Des négociations dans l'impasse, la justice autorise l'intervention
La direction avait pourtant tenté de trouver une issue négociée. Un ultimatum avait été adressé aux occupants, qui devaient quitter les lieux avant jeudi.
Selon l'université, une majorité d'entre eux a accepté de partir. D'autres ont toutefois décidé de maintenir l'occupation, malgré les demandes répétées du rectorat.
Face à cette impasse, l'ULB a engagé une procédure judiciaire. L'intervention policière de samedi matin s'est déroulée avec l'autorisation d'un juge et dans le respect du cadre légal.
« Après l'échec de nos tentatives de négociations pour parvenir à une solution, nous avons entamé une procédure judiciaire », a expliqué Annemie Schaus.
La rectrice affirme que l'université a privilégié le dialogue tout au long de la crise, précisément pour éviter une intervention par la force.
L'évacuation de ce samedi marque donc la fin de plus de deux semaines d'occupation. Elle laisse néanmoins derrière elle une polémique sur les méthodes de contestation employées, les dégradations constatées et les inscriptions haineuses découvertes dans les locaux de l'université.